Nucléaire saoudien: Trump transmet l’accord au Congrès et le conditionne à une normalisation avec «Israël»
Par AlAhed avec agences
Le président américain Donald Trump a envoyé le projet d'accord conclu entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite dans le domaine du nucléaire civil devant le Congrès, rapporte Reuters citant un responsable de l'administration américaine. La démarche réactive un dossier stratégique resté en suspens depuis l’opération du 7 octobre 2023 et l’offensive «israélienne» à Gaza. Elle confirme la volonté de la Maison-Blanche d’utiliser le levier énergétique et technologique pour arracher un basculement diplomatique dans le Golfe.
Le locataire de la Maison blanche a toutefois souligné que cet accord ne serait approuvé que si le royaume saoudien normalisait ses relations avec «Israël» dans le cadre des «accords dits d'Abraham», a indiqué le responsable.
L'Arabie saoudite a exigé qu'un processus irréversible menant à la création d'un Etat palestinien soit mis en place avant de reconnaître Israël.
L'accord, conclu au mois de juillet, permettrait à l'Arabie saoudite d'enrichir de l'uranium et de construire des réacteurs nucléaires à l'aide de la technologie américaine sans avoir à se soumettre à d'éventuelles inspections inopinées de la part de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA).
La guerre de Gaza et le nombre de victimes palestiniennes ont gelé ces négociations et rendu politiquement toxique toute reconnaissance publique de l’entité «israélienne», tant que la question palestinienne n’aura pas connu d’avancée tangible.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a répété ces derniers mois qu’aucune normalisation ne serait signée sans un horizon crédible menant à la création d’un État palestinien. Cette ligne officielle, réaffirmée dans plusieurs enceintes internationales, complique la marge de manœuvre du royaume face à la pression américaine. Elle traduit aussi la sensibilité de l’opinion publique arabe, qui reste massivement mobilisée sur le sort de Gaza et de la Cisjordanie occupée.
La transmission du texte au Congrès n’ouvre pas une simple formalité. Les élus américains disposent d’un droit d’examen approfondi sur ce type d’accord, en vertu de la section 123 du Atomic Energy Act de 1954. Plusieurs parlementaires démocrates, mais aussi des républicains, ont déjà exprimé leurs réserves face à un éventuel transfert de capacités d’enrichissement à Riyad, invoquant les risques de prolifération régionale et le précédent créé pour d’autres États du Moyen-Orient.
