Washington annonce un «D-day économique», Téhéran y voit un «aveu de défaite» des États-Unis
Par AlAhed avec AFP
La guerre de la communication gagne en intensité entre l’Iran et les États-Unis. Téhéran a balayé lundi le 24 août la menace américaine d'un «D-Day économique» visant à l'asphyxier, y voyant un «aveu de défaite» des États-Unis, près de six mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé pour lundi, dans une tribune publiée dans le Financial Times, un «D-Day économique» - en référence au Débarquement allié de 1944 en France - visant à «couper les dernières lignes de survie» de l'Iran.
Il a également affirmé sur X que les États-Unis avaient «démantelé les capacités militaires de l'Iran, détruit près de 100% de ses usines militaires et mis fin à son programme nucléaire».
«Votre discours ne tient pas la route», a rétorqué Kazem Gharibabadi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, demandant pourquoi, si Washington avait atteint de tels objectifs, il serait nécessaire de procéder «à +la plus grande offensive financière de l'histoire+ et de mobiliser +toutes les institutions et tous les pouvoirs+ des États-Unis».
«S'agit-il d’une victoire ou d'un aveu de défaite de la part des États-Unis?», a-t-il feint s'interroger.
«D-day économique»
Le secrétaire au Trésor américain a annoncé dans la journée la nouvelle campagne de «terrorisme économique», la comparant absurdement au débarquement de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale.
Scott Bessent a affirmé que ces mesures visaient les réseaux financiers iraniens à travers le monde et averti qu'aucun partenaire n'était hors de portée de Washington.
Il a déclaré que l'administration Trump avait identifié les entités entretenant des relations avec l'Iran et qu'elle leur imposerait des délais pour rompre ces liens, sous peine d'exclusion du système du dollar américain.
De nouvelles mesures sectorielles étendent les risques de sanctions secondaires à des domaines tels que les actifs numériques, la technologie, l'or, l'aviation et le transport maritime, tout en sanctionnant une soixantaine d'entités, de personnes et de navires contribuant à faciliter le commerce iranien.
Cette annonce intervient dans un contexte de signes évidents de désespoir américain après des mois d'offensive militaire infructueuse et de blocus naval imposé à l'Iran qui n'ont d'ailleurs pas réussi à briser la détermination de l’Iran.
La Chine, principal partenaire commercial de l'Iran, a déjà rejeté cette approche.
L'ambassade de la Chine à Washington a déclaré que «les sanctions et les pressions ne contribuent pas à résoudre le problème» et plaidé, donc, pour des solutions politiques et diplomatiques.
L'Iran a fermement rejeté ces mesures illégales, les qualifiant de terrorisme économique et de crimes contre l'humanité.
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