Les alliés s’inquiètent de la capacité de Washington à mener plusieurs grandes guerres et doutent de leur capacité à se défendre
Par AlAhed avec sites web
Les conflits au Moyen-Orient et les tensions croissantes en Europe et en Asie soulèvent une question stratégique majeure: les États-Unis peuvent-ils vraiment mener simultanément plusieurs grandes guerres ? Selon le Wall Street Journal, les alliés américains nourrissent des doutes sérieux sur cette capacité, alimentés par l’épuisement des stocks d’armement observé ces dernières années.
Le Wall Street Journal a rapporté que les alliés des États-Unis étaient «préoccupés par les intentions de Washington» depuis le retour au pouvoir du président Donald Trump pour un second mandat.
Maintenant que la guerre contre l'Iran a épuisé l'arsenal américain et mis en lumière les limites de sa puissance militaire, les alliés s'inquiètent également de la capacité de Washington à les défendre.
Des responsables d'autres pays ont constaté le «déclin industriel, l'incohérence stratégique et l'instabilité politique» aux États-Unis. Ils s'interrogent sur la possibilité que ces facteurs affaiblissent les États-Unis au point de les rendre incapables de jouer un rôle décisif en cas d'escalade du conflit sur plusieurs fronts en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.
Le Wall Street Journal souligne que même de nombreuses personnes à Washington ont exprimé leur scepticisme à ce sujet.
Le Pentagone et la Maison Blanche démentent les informations selon lesquelles l'armée américaine serait confrontée à une pénurie de munitions.
Cependant, d’après les estimations du Center for Strategic and International Studies (CSIS), les États-Unis ont déjà utilisé environ la moitié de leurs stocks de missiles intercepteurs d’avant-guerre, incluant les systèmes THAAD. Cette consommation rapide affecte l’ensemble de l’arsenal conventionnel.
Selon des sources bien informées, le Pentagone a utilisé plus de 1 500 missiles intercepteurs Patriot lors du conflit iranien et il lui en reste actuellement moins de 1 700. Les États-Unis ne devraient produire qu'environ 600 missiles intercepteurs d'ici fin 2025.
Selon deux responsables américains, le mois dernier, les forces américaines au Moyen-Orient ont tiré en une seule journée environ 50 missiles intercepteurs Patriot, dont le coût unitaire avoisine les 4 millions de dollars.
Les États-Unis ont égalemen consommé moins de la moitié des stocks mondiaux de missiles de croisière Tomahawk depuis le début de la guerre contre l'Iran.
Les répercussions pour les alliés
Les pénuries d’armement américain se traduisent déjà par des vulnérabilités concrètes chez les partenaires de Washington. L’Ukraine souffre d’une insuffisance chronique de systèmes Patriot pour contrer les vagues répétées de frappes aériennes russes. Les pays du Golfe s’inquiètent des risques de nouvelles représailles iraniennes, sans certitude quant au soutien défensif américain. L’Europe, de son côté, reste dépourvue d’un système de défense antimissile pleinement opérationnel et autonome, ce qui renforce sa dépendance vis-à-vis des capacités américaines.
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