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Imam des opprimés

Gaza: 94 % des Palestiniens ont besoin d’un abri et d’une aide de base pour vivre en sécurité et dans la dignité

Gaza: 94 % des Palestiniens ont besoin d’un abri et d’une aide de base pour vivre en sécurité et dans la dignité
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Par AlAhed avec sites web

Dix mois après l’accord de cessez-le-feu conclu entre «Israël» et le Hamas à Gaza, les attaques contre l’enclave se poursuivent. Plus de 1 250 Palestiniens sont tombés en martyre depuis octobre dernier. Parallèlement, les familles de Gaza sont confrontées en permanence à une grave crise des abris, qui dépasse largement la simple destruction des habitations, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

Selon l’organisation, 94 % de la population de Gaza, soit environ 1,98 million de personnes, ont besoin d’une aide liée au logement afin de pouvoir «vivre en sécurité et dans la dignité». Cette aide comprend notamment le carburant, l’énergie et les biens essentiels pour les ménages.

Le NRC et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dirigent le Shelter Cluster pour la Palestine, chargé de coordonner l’aide humanitaire destinée aux besoins en matière d’hébergement à Gaza et en Cisjordanie.

Dans son nouveau rapport, intitulé Exposed on All Sides, le Shelter Cluster décrit une situation aggravée par le manque de financements et les restrictions persistantes imposées à l’entrée des matériaux nécessaires aux abris. Ces facteurs exposent la grande majorité des Palestiniens de Gaza à de graves risques pour leur santé et leur sécurité.

L’évaluation repose sur près de 2 000 entretiens avec des ménages, réalisés entre le 14 et le 28 juin dans les zones accessibles du nord de Gaza, de Gaza-ville, de Deir al-Balah et de Khan Younès.

Plus de quatre ménages sur cinq se trouvaient dans une situation jugée «critique» ou «catastrophique». Les familles les plus durement touchées vivaient dans des conditions considérées comme suffisamment précaires pour constituer un risque pour leur vie. Seuls 12 % des ménages se trouvaient dans les catégories de moindre gravité.

Selon le rapport, les bombardements «israéliens» ont endommagé ou détruit environ 92 % des bâtiments résidentiels de Gaza. Près des deux tiers des familles interrogées vivent désormais dans des tentes ou des abris de fortune initialement conçus pour une utilisation temporaire.

«Dix mois après le cessez-le-feu d’octobre 2025, la plupart des familles ont vécu plus d’un an dans des abris qui n’étaient jamais destinés à un hébergement de longue durée.»

Plus de la moitié des ménages interrogés occupent la même tente depuis plus d’un an, tandis que plus de la moitié des logements de fortune sont dans un état mauvais ou très mauvais. Plus de 100 000 ménages vivent dans des abris présentant une forte détérioration des sols, des murs ou des structures.

89 % ont signalé la présence de rats et de souris dans ces centres. 71 % des habitants ont déclaré que leurs abris avaient été inondés pendant les pluies d'hiver. 64 % ont indiqué qu'ils ne pouvaient pas stocker suffisamment de nourriture et d'eau en toute sécurité, tandis que 61 % ont signalé un manque de produits de nettoyage essentiels.

Le manque de carburant, à la fois coûteux et difficile à obtenir, complique également la vie quotidienne. 84 % des ménages déclarent que leurs moyens de chauffage sont principalement ou totalement inefficaces. Près de la moitié affirment avoir brûlé du plastique, des pneus, des déchets ou du carton pour préparer leurs repas.

Le rapport souligne que cette pratique expose les habitants à de graves risques sanitaires, notamment en raison des fumées toxiques et de la contamination des aliments.

Jehan Salim, coordinateur national du Shelter Cluster, souligne qu’un abri ne peut être considéré comme adéquat simplement parce qu’il possède «quatre murs ou un toit».

«Les familles doivent pouvoir y dormir, cuisiner, se laver et y protéger leurs enfants», a-t-il déclaré. Il ajoute que les matériaux nécessaires pour réparer les logements, rétablir les services essentiels et améliorer les conditions d’hébergement n’entrent toujours pas à Gaza à une échelle proche des besoins.

Au cours du mois précédant l’enquête, seul un ménage sur dix avait reçu des matériaux pour les abris ou une aide essentielle. Les partenaires du Shelter Cluster faisaient également état, en juin, de stocks très limités de tentes, couvertures et matelas à Gaza.

Le rapport indique que l’entrée des matériaux et équipements reste limitée par des restrictions «strictes et fréquemment modifiées», ainsi que par des procédures administratives complexes et des autorisations imprévisibles.

Les restrictions «israéliennes» concernant les produits dits «à double usage», qui peuvent selon «Israël» être utilisés à des fins civiles ou militaires, ont également contribué à la pénurie chronique de carburant, d’équipements solaires, de matériaux de construction et de réparation, ainsi que de machines lourdes destinées au déblaiement des gravats.

Jan Egeland, secrétaire général du NRC, a déclaré que les habitants de Gaza vivent toujours dans des conditions extrêmement difficiles parce que les restrictions israéliennes empêchent l’entrée des matériaux de base nécessaires à la reconstruction des logements.

Il a averti que l’hiver à venir pourrait être catastrophique sans accès rapide aux matériaux et a appelé «Israël» à lever les restrictions et à permettre une entrée prévisible de l’aide destinée aux abris.

Par ailleurs, une évaluation conjointe de l’Union européenne, de l’ONU et de la Banque mondiale estime que 26,3 milliards de dollars seraient nécessaires au cours des 18 premiers mois suivant le cessez-le-feu pour rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures et soutenir la reprise économique de Gaza. Sur dix ans, les besoins seraient estimés à 71 milliards de dollars.

En mai, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indiquait que l’appel humanitaire de 4 milliards de dollars pour 2026 n’était financé qu’à hauteur de 12 %.

Jan Egeland appelle donc à augmenter rapidement les financements afin de permettre aux familles palestiniennes de quitter leurs abris temporaires dégradés et d’accéder à des logements offrant une meilleure protection contre les conditions météorologiques.

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