Les États-Unis sanctionnent la présidente de la CPI, l’institution réagit
Par AlAhed avec agences
L’offensive de Donald Trump contre la CPI franchit un nouveau palier. Les Etats-Unis ont en effet annoncé mardi 19 août des sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale, la Japonaise Tomoko Akane, ainsi qu’un autre haut magistrat.
«Ces personnes ont participé directement aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans un communiqué, sans citer d’exemples. L’autre haut responsable sanctionné par Washington est l’actuel substitut du procureur de la CPI, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye.
Une première américaine contre la présidente de la CPI
Les Etats-Unis, qui n’adhèrent pas au traité international ayant institué la CPI, basée à La Haye aux Pays-Bas, ont imposé des sanctions visant plusieurs magistrats de la Cour. Mais ils ne s’en étaient pas encore pris à sa présidente, venant en outre d’un pays allié clé.
Les sanctions américaines interdisent notamment aux juges d’entrer dans le pays et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale.
Ces sanctions constituent principalement une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l’encontre d’«Israël», allié des Etats-Unis. La Cour a émis en 2024 un mandat d’arrêt contre le «Premier ministre israélien», Benjamin Netanyahou, à cause de la guerre génocidaire à Gaza. Après l’annonce des sanctions américaines, ce dernier a d’ailleurs félicité sur X «Marco Rubio pour avoir mené les efforts résolus de l’administration Trump contre les abus illégitimes de la CPI, et pour avoir clairement indiqué que les responsables corrompus qui dirigent la CPI devront en assumer les conséquences».
Washington a lancé le mois dernier une offensive diplomatique majeure contre la CPI, prétendant qu’elle «menace» les Américains et faisant pression sur ses partenaires pour qu’ils s’en retirent.
En réponse, la Cour a déclaré que «les mesures visant les juges, les procureurs et le personnel qui œuvrent à l’accomplissement du mandat confié à la CPI par les Etats portent atteinte à l’Etat de droit». «Lorsqu’il est fait pression sur les acteurs judiciaires pour les empêcher d’appliquer la loi, c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en danger», a-t-elle ajouté. La CPI a aussi affirmé qu’elle restait «inébranlable» et qu’elle «soutenait fermement son personnel ainsi que les victimes d’atrocités inimaginables».
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