Yémen: Des frappes américaines ont tué 153 civils en 2025, admet le Pentagone
Par AlAhed avec sites web
153 civils ont été tués par des frappes militaires américaines au Yémen en 2025. Ce bilan provient d’un document de synthèse remis en début de semaine aux élus de la chambre haute chargés des questions de défense, et révélé par la presse américaine.
Trois frappes reconnues par le Pentagone
Le document recense également 243 blessés, tous issus de trois opérations menées entre mars et mai 2025. Ces frappes s’intègrent à l'«Operation Rough Rider» , campagne aérienne et navale de 53 jours lancée par Donald Trump en mars pour mettre fin aux attaques du mouvement de résistance yéménite d’Ansarullah contre les navires «israéliens» ou liés à «Israël» en mer Rouge en soutien aux Palestiniens lors de la guerre génocidaire contre Gaza.
Le premier bilan concerne une frappe du 6 avril contre une résidence à Sanaa, ayant fait cinq morts et 25 blessés. L’épisode le plus lourd s’est produit le 17 avril au port de Ras Isa : 80 victimes et 171 blessés y ont été dénombrés. Une troisième frappe, le 28 avril près de Saada, aurait fait 68 morts. Le Pentagone précise que ces trois opérations ont «plus probablement qu’improbablement» causé des dommages civils.
Le document ne repose pas sur des visites de terrain ou des témoignages directs, mais sur du renseignement, de l’imagerie satellite et des rapports publics.
Un chiffre contesté en interne
Le média The Intercept, citant deux responsables américains, rapporte que ce bilan serait sous-évalué. L’un d’eux qualifie ces chiffres de «trop bas». Le Yemen Data Project, organisation indépendante de collecte de données sur le conflit, évoque de son côté 238 morts et 467 blessés pour la même période — soit un écart de 85 victimes par rapport au décompte officiel du Pentagone.
Le rapport indique que 15 autres incidents survenus au Yémen font l’objet d’un examen en cours par le commandement central américain (CENTCOM), à la suite de signalements transmis par des organisations non gouvernementales.
Une frappe visant un centre de détention de migrants
Une frappe distincte, menée en octobre 2025 contre un centre de détention de migrants, a fait l’objet d’une enquête séparée. Celle-ci a conclu que «des dizaines» de migrants africains avaient été tués ou blessés, dont beaucoup étaient retenus en raison de leur situation migratoire irrégulière. Human Rights Watch avait demandé que cet incident soit examiné comme un possible crime de guerre.
À titre de comparaison, le Pentagone n’avait recensé que deux civils tués et deux blessés lors de l’ensemble des opérations militaires américaines menées en 2024, un an avant le lancement de l’Operation Rough Rider.
Ce bilan de 2025 constitue la première reconnaissance publique, depuis le retour au pouvoir de l’administration Trump, de dommages civils significatifs causés par l’armée américaine dans un conflit en cours.
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