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Imam des opprimés

Iran: La diplomatie reste ouverte, mais la priorité est la défense de la nation

Iran: La diplomatie reste ouverte, mais la priorité est la défense de la nation
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Par AlAhed avec agences

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les canaux diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis demeuraient ouverts, mais que, dans les circonstances actuelles, la priorité absolue de l'Iran était de défendre sa souveraineté, son intégrité territoriale et sa population contre les crimes de guerre que les États-Unis continuent de commettre.

Interrogé, lors d'un entretien accordé à la chaîne publique autrichienne ORF, sur la question de savoir si les canaux diplomatiques entre l'Iran et les autres parties demeuraient ouverts, Esmaïl Baghaï a répondu: «Oui, les Américains transmettent des messages. Mais, pour l'Iran, la priorité, dans les circonstances actuelles, est de défendre notre souveraineté, notre intégrité territoriale et de protéger notre peuple contre les crimes de guerre commis par les États-Unis.»

M. Baghaï a réfuté les allégations selon lesquelles les hostilités auraient pris fin, affirmant que la situation militaire actuelle s'inscrit dans la continuité de la guerre illégitime qui a débuté le 28 février.

Il a rappelé que l'Iran avait engagé les négociations de bonne foi et était parvenu à conclure un mémorandum d'entente visant à mettre fin à la guerre sur tous les fronts.

«Or, ce qui s'est passé, depuis le début, c'est que les États-Unis se sont soustraits à leurs obligations sous divers prétextes», a-t-il déclaré.

Esmaïl Baghaï a expliqué qu'en vertu de l'article 5 du mémorandum d'entente, une période de 30 jours était prévue en vue de rétablir le trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz tel qu'il prévalait avant la guerre.

Selon lui, l'Iran a rempli toutes ses obligations pour faciliter le passage en toute sécurité des navires.

Cependant, les 21e ou 22e jours après la signature de l'accord, les États-Unis ont lancé une vaste agression militaire contre l'Iran, sous le prétexte d'incidents ayant visé le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz.

Gardien du détroit d'Ormuz

Interrogé sur les perturbations du trafic maritime, M. Baghaï a fermement rejeté les accusations laissant entendre que l'Iran en était responsable.

«Depuis des décennies, nous avons agi de bonne foi. Nous sommes les garants de la sécurité dans le détroit d'Ormuz et dans le golfe Persique depuis de nombreuses années», a-t-il affirmé.

Et d’ajouter: «Les incidents survenus dans le détroit ne sont pas le résultat des actions de l'Iran. Toute cette agitation est la conséquence de l'agression américano-israélienne qui a débuté le 28 février.»

Il a soutenu que les agresseurs avaient utilisé le détroit comme un corridor pour attaquer l'Iran, ce qui rendait impossible pour Téhéran de considérer cette voie maritime sans tenir compte de l'agression subie.

«L'Iran ne peut pas permettre que le détroit d'Ormuz devienne, encore et encore, un instrument utilisé par les agresseurs pour porter atteinte à notre sécurité nationale», a-t-il averti.

M. Baghaï est également revenu sur la question des avoirs iraniens gelés, dénonçant la présentation trompeuse des faits par les médias.

«Ils s'étaient engagés à débloquer les avoirs gelés de l'Iran. Je tiens à souligner une nouvelle fois que cet argent nous appartient ; il n'appartient pas aux États-Unis», a-t-il réitéré. «Les grands médias donnent parfois l'impression que les États-Unis vont accorder une aide financière à l'Iran, mais ce n'est absolument pas le cas. Il s'agit de nos propres avoirs, illégalement bloqués depuis des années.»

Il a confirmé que toutes les avancées sur ce dossier étaient à l'arrêt depuis la reprise des hostilités.

«Nous n'avons jamais quitté la table des négociations»

Malgré les violations répétées des engagements, M. Baghaï a affirmé que l'Iran restait disposé à s'engager dans une véritable démarche diplomatique, tout en établissant une nette distinction entre négociation et capitulation.

Il a souligné que l’Iran n’avait jamais quitté la table des négociations, estimant que le pays défendait ses droits légitimes.

Il a ajouté que, pour Téhéran, la voie diplomatique avait la même importance et le même statut que le champ de bataille. «Mais il doit s'agir d'une négociation au sens véritable du terme, et non d'une négociation destinée à dicter ou à imposer des exigences. Nous n'accepterons certainement pas une telle négociation.»

Il a fait valoir que l’Iran avait été attaqué à trois reprises en un an alors qu’il était à chaque fois engagé dans des négociations.

Et de poursuivre: «À deux reprises auparavant, alors que nous étions en pourparlers, nous avons été attaqués par les États-Unis et Israël. Cette fois encore, après la signature du mémorandum d'entente, pourtant signé par le président des États-Unis lui-même, ils ont violé ce même accord.»

La «lourde dette» de l'Europe envers l'Iran

Dans l’une de ses critiques les plus sévères, M. Baghaï s’en est pris aux pays européens, les accusant d’avoir une longue histoire de non-respect de leurs engagements.

«Honnêtement, je pense que les Européens ont une lourde dette envers l'Iran», a-t-il déclaré. «Ils n'ont jamais respecté leurs obligations en vertu du Plan global d’action commun dès le départ. Lorsque les États-Unis se sont retirés de cet accord, nous avons attendu un an... mais les Européens n'ont pas honoré leurs engagements, non pas parce qu'ils en étaient incapables, mais parce qu'ils ont choisi de mener une politique d'apaisement à l'égard des États-Unis.»

Il a estimé que la plus grave des trahisons résidait dans le soutien et l'approbation apportés par plusieurs pays européens aux attaques conjointes des États-Unis et d'«Israël» contre l'Iran, ainsi que dans leur rôle dans le déclenchement du mécanisme dit de «snapback» au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.

«L’apaisement d’un tyran ne protège jamais personne de son agression», a-t-il dit. «Au contraire, Cela ne fait que le rendre plus cynique.»

Les droits de l'homme et les deux poids, deux mesures

Abordant ensuite la question du bilan de l'Iran en matière de droits de l'homme, M. Baghaï a dénoncé l'hypocrisie généralisée des pays occidentaux.

«Nous n’avons jamais prétendu être irréprochables. Les Européens devraient avoir l’humilité de reconnaître qu’ils ne le sont pas non plus et qu’ils ne peuvent pas donner de leçons aux autres tout en commettant les mêmes erreurs, ou du moins en les soutenant et en observant le silence face à l’horrible génocide perpétré dans les territoires occupés de la Palestine», a-t-il entériné. 

Et d’expliquer: «Ils ne peuvent pas donner de leçons aux Iraniens sur les droits de l'homme. Ils ne peuvent pas prétendre s'inquiéter de l'exécution d'un ou deux criminels tout en restant silencieux face au massacre d'Iraniens, y compris d'enfants et d'étudiants à Minab, à Lamerd et dans d'autres régions.»

En conclusion de son intervention, M. Baghaï s’est interrogé si l’ordre juridique international avait encore conservé une quelconque signification dans le contexte actuel.

«C’est toute la structure du droit international humanitaire qui a été sacrifiée», a-t-il déploré. «On ne peut plus parler de droit international humanitaire lorsque le secrétaire américain à la Guerre profère:  "Il n'y aura ni quartier, ni pitié, ni règles d'engagement contraignantes."»

S'adressant directement aux gouvernements européens, il a ajouté: «Si les Européens croient réellement à ce qu'ils affirment au sujet de l'État de droit et du droit international humanitaire — et n’oublions pas que la Suisse est l'État dépositaire des quatre Conventions de Genève de 1949 — pourquoi ont-ils choisi de garder le silence face à la menace américaine de faire sauter les ponts et les centrales électriques de l'Iran?»

Il est à rappeler que la guerre a commencé le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et «Israël» ont lancé des frappes contre l'Iran, assassinant le Leader de la Révolution islamique et visant des installations nucléaires, des écoles et des hôpitaux.

L'Iran a riposté avec l'opération «Promesse honnête 4», en lançant plus de 100 vagues de frappes de représailles, avant qu'un cessez-le-feu négocié par le Pakistan n'entre en vigueur le 8 avril.

Un mémorandum d'entente a ensuite été signé afin de mettre un terme aux hostilités sur tous les fronts. Toutefois, moins de trois semaines plus tard, Washington a repris des opérations militaires de grande ampleur, invoquant des allégations non étayées de menaces contre le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

Il s'agit de la troisième fois au cours de l'année écoulée que l'Iran est attaqué alors qu'il est engagé dans des négociations, ce qui renforce la position de Téhéran selon laquelle Washington considère la diplomatie comme un prétexte à des préparatifs militaires plutôt que comme une véritable voie vers la paix.

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