L’armée américaine savait que les données ayant conduit à frapper une école iranienne étaient obsolètes, affirme CNN
Par AlAhed avec agences
L’armée américaine a délibérément ignoré des avertissements provenant de ses propres bases de données sur la nature obsolète des informations qui ont mené à une frappe meurtrière contre une école iranienne, a pointé la chaîne américaine CNN, en se référant à trois sources différentes. Lancée au premier jour de la guerre américano-«israélienne» contre la République islamique, cette attaque a conduit à la mort de plus de 180 élèves et enseignants, selon Téhéran.
Le 28 février dernier, l’administration de Donald Trump et le «gouvernement israélien» de Benjamin Netanyahu ont bombardé massivement l’Iran. Une école de Minab, proche du détroit d’Ormuz dans le sud de l’Iran, a été touchée. Selon les médias d’État iraniens, 168 enfants et 14 enseignants sont tombés en martyre, ce qui ferait de cette frappe le bilan civil le plus meurtrier de l’histoire récente de l’armée américaine, souligne CNN. Une enquête interne a été lancée mais le Pentagone n’en a toujours pas publié les résultats. Les responsables de l’armée «ont découvert en peu de jours (après l’offensive) d’où provenait l’erreur», a déclaré à CNN une source sous couvert d’anonymat. «Il s’agissait de données obsolètes.»
Concrètement, le système a alerté l’armée que les informations à disposition remontaient à plusieurs années et qu’elles devaient être rafraîchies. Sur des images satellites de 2013, l’école et une base des Gardiens de la Révolution (l’armée idéologique de la République islamique) font partie d’un seul et même complexe. Des images de 2016 montraient ensuite qu’une clôture avait été érigée pour séparer l’école de la base militaire, tandis que l’accès à ces sites se faisait désormais à partir de deux entrées distinctes. En décembre 2025, l’imagerie montrait des dizaines de personnes jouant apparemment dans la cour de récréation de l’école. Le système imposait par conséquent la supervision d’un officier supérieur pour approuver l’ajout du site sur la liste des cibles. Ces alertes ont cependant été ignorées par «opportunisme», ont dénoncé deux sources de CNN, alors que des responsables au Pentagone pressaient l’armée de leur fournir des cibles. En outre, le service, au sein du commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), chargé de réduire autant que possible les dommages causés à la population civile manque de personnel depuis la décision du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, de réduire son budget.
Le bureau de ce dernier n’a pas répondu aux sollicitations de CNN. La Maison Blanche s’est, elle, cantonnée à répondre que l’enquête «suivait son cours». Le New York Times rapportait déjà début mars qu’une enquête préliminaire de l’armée américaine avait conclu que la frappe résultait de l’utilisation de données obsolètes. Donald Trump avait balayé ces accusations et pointé du doigt l’Iran, avant de préciser qu’une enquête avait été ouverte.
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