Liban: Nouveaux bombardements «israéliens» dans le Sud malgré la prolongation du cessez-le-feu
Par AlAhed avec agences
L’armée d’occupation «israélienne» a lancé, samedi le 16 mai, une nouvelle vague d’attaques contre plusieurs localités dans le sud du Liban, malgré l’annonce la veille de la prolongation du soi-disant «cessez-le-feu».
L’Agence nationale de l’information (NNA) libanaise a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du Sud, précédées d’un mouvement d’exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.
L’armée «israélienne» avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et de Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.
Deux personnes ont été tuées par des bombardements «israéliens» sur Chéhabiyé, dans le district de Tyr, rapportent des médias locaux.
Dans le même district, l’armée de l’air de l’ennemi «israélien» a attaqué Jbal el-Botm et Zibqine.
Des tirs d’artillerie ont également visé la périphérie de Deir Qanoun Ras el-Ain.
Dans le district de Bint Jbeil, des raids aériens «israéliens» ont fait un martyr et deux blessés dans la localité de Tibnine.
Une autre frappe entre les villages de Srifa et Hariss, dans le même district, a également fait un martyr et deux blessés.
Prolongation du «cessez-le-feu»
La diplomatie américaine a annoncé vendredi que le «cessez-le-feu entre le Liban et Israël va être prolongé de quarante-cinq jours», à l’issue de deux jours de discussions à Washington.
«Le cessez-le-feu du 16 avril va être prolongé de quarante-cinq jours pour permettre de nouvelles avancées. Le département d’Etat relancera le volet politique des négociations les 2 et 3 juin», a annoncé sur X Tommy Pigott, porte-parole du département d’Etat américain.
«Un volet sécuritaire sera lancé au Pentagone le 29 mai avec des délégations militaires des deux pays. Nous espérons que ces discussions favoriseront une paix durable entre les deux pays, la reconnaissance mutuelle complète de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale, ainsi que l’établissement d’une véritable sécurité le long de leur frontière commune», a-t-il ajouté.
Depuis le début de la guerre lancée par «Israël» contre le Liban, au moins 2.951 personnes ont été tuées dans les attaques «israéliennes» au Liban, selon les autorités libanaises.
Parmi elles, plus de 400 personnes ont perdu la vie depuis le début de la trêve, d’après un décompte de l’AFP qui s’appuie sur des chiffres officiels.
Situation «profondément alarmante»
Dans ce contexte, le coordinateur humanitaire de l’ONU au Liban, Imran Riza, a averti que les civils continuaient de payer un «tribut dévastateur» en raison des frappes aériennes et démolitions «israéliennes», malgré le cessez-le-feu annoncé en avril.
«Au cours des dernières semaines, les civils au Liban ont continué de subir les répercussions de plus en plus dévastatrices des frappes aériennes israéliennes, malgré le cessez-le-feu annoncé le 17 avril», a-t-il déclaré dans un communiqué publié vendredi le 15 mai.
M. Riza a averti que «la réalité sur le terrain au Liban est profondément alarmante».
Selon lui, les violences de la semaine écoulée ont fait des morts et des blessés parmi les civils, dont des femmes et des enfants, et provoqué de nouveaux déplacements de population.
Des réfugiés syriens et palestiniens ainsi que des migrants bangladais au Liban figurent également parmi les victimes.
Il a par ailleurs alerté sur les risques croissants auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires et les équipes de secours: «Les violences ont également eu des répercussions inacceptables pour ceux qui tentent de sauver des vies, ce qui met en lumière les dangers permanents auxquels sont exposés les secouristes et les équipes médicales opérant dans des conditions extrêmement dangereuses».
Le responsable onusien a rappelé que le droit international humanitaire exigeait la protection des civils et des infrastructures essentielles.
«Le droit international humanitaire est clair: les civils, y compris les travailleurs humanitaires, les équipes médicales et les premiers secours, doivent être protégés en toutes circonstances, et les infrastructures vitales dont dépendent les populations civiles doivent être épargnées. Toutes les parties doivent garantir un accès humanitaire rapide et sans entrave aux personnes dans le besoin», a-t-il insisté.
«Le peuple libanais a urgemment besoin de sécurité, de stabilité et d’une chance de se reconstruire, et non de nouvelles souffrances, déplacements et destructions», a-t-il conclu.
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