L’équilibre des forces redessiné: Le Hezbollah déjoue les prédictions d’effondrement «israéliennes»
Par Latifa Husseini
Pendant quinze mois, «Israël» a nourri l'illusion d'un affaiblissement, voire d'une disparition du Hezbollah, une croyance maintes fois répétée suite à la guerre des 66 jours en 2024. Pourtant, la réalité sur le terrain contredit ces affirmations, le Hezbollah démontrant une résilience et une capacité de résistance qui redessinent l'équilibre des forces dans la région.
Le déni «israélien» face à la réalité
Au lendemain de la guerre de plus de deux mois, de nombreux responsables «israéliens» se sont empressés de proclamer leur victoire, affirmant que le Liban était désormais sous leur contrôle. Des déclarations telles que «Nous avons renvoyé le Hezbollah des décennies en arrière» ou «Le Hezbollah n'est plus ce qu'il était avant la guerre» ont fleuri, relayées par le «Premier ministre israélien» lui-même après l'accord de novembre 2024. Cependant, Benjamin Netanyahu avait alors précisé qu'il s'agissait d'un cessez-le-feu, et non d'une fin du conflit.
La reconstruction discrète de la Résistance
En contraste frappant, le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, évoquait ouvertement le rétablissement et la reconstruction de la force militaire de la Résistance. Tandis que les détails de ces opérations restaient confidentiels, le travail progressait activement. Pendant ce temps, «Israël» poursuivait ses frappes quotidiennes dans le Sud et d'autres régions du Liban.
Le retournement de situation : le 2 mars
Le 2 mars, face à une situation devenue intenable et à un regroupement de troupes «israéliennes» à la frontière libanaise, coïncidant avec le début de la guerre contre l'Iran, la Résistance a décidé de passer à l'offensive. Le lancement de roquettes vers le nord d'«Israël» a marqué le début d'une nouvelle phase, déclenchant une agression «israélienne» contre l'ensemble du Liban.
Le choc de la résistance imprévue
La première réaction «israélienne» fut le choc. Le lancement de six roquettes par le Hezbollah a pris par surprise l'analyse «israélienne», qui s'attendait à une absence de résistance, considérant le Hezbollah comme «dissuadé, vaincu et démuni de capacités militaires, surtout après la chute de la Syrie».
L'escalade et la nouvelle équation
La confrontation s'est rapidement intensifiée. Les opérations militaires de la Résistance ont pris de l'ampleur, avec une augmentation quotidienne des tirs de roquettes, de missiles et de drones, ciblant des points stratégiques et des colonies israéliennes. Des affrontements directs et la pose d'engins explosifs ont également marqué cette escalade.
La remise en question des services de renseignement «israéliens»
Face à cette réalité, de nombreux responsables, écrivains, analystes et correspondants militaires «israéliens» ont admis l'erreur d'estimation du renseignement à «Tel Aviv». Le Hezbollah avait rapidement retrouvé ses capacités, comme l'a rapporté la chaîne 13 «israélienne» au début de la guerre, citant un responsable anonyme. Benjamin Netanyahu lui-même a reconnu, le 14ème jour de la guerre, son échec à empêcher le renforcement du Hezbollah, soulignant que l'arsenal de 150 000 roquettes et obus estimé avant la guerre aurait pu causer des destructions massives et des milliers de morts. Il a admis que les capacités du Hezbollah n'avaient pas été «complètement anéanties».
«Ils nous vendent des illusions»: la critique interne
L'analyste politique Nadav Eyal, du journal «Yediot Ahronot», a résumé le sentiment général en «Israël»: «La résilience du Hezbollah révèle les limites de la stratégie militaire israélienne». Selon lui, les récents «succès» avaient créé une illusion de paralysie rapide du Hezbollah. Un ancien haut responsable de la sécurité a critiqué une «incompréhension stratégique plus profonde» au sein de l'institution sécuritaire et du gouvernement, affirmant qu'ils «vendent des illusions au public». L'idée d'un coup décisif paralysant le parti s'est avérée erronée, la stratégie devant être un système complet d'étapes planifiées.
Les dirigeants politiques «israéliens», frustrés, auraient suggéré que l'armée avait été surprise par la réaction du Hezbollah, ne s'attendant qu'à une participation limitée. Au sein de l'armée, certains considèrent cela comme une tentative de rejeter la faute sur l'état-major. Des responsables militaires affirment avoir transmis les estimations sur le rétablissement du Hezbollah aux dirigeants politiques et au public.
Une erreur d'estimation partagée
L'analyste politique Nahum Barnea a estimé qu'«Israël» et les États-Unis s'étaient trompés dans l'évaluation de la réaction de l'Iran et du Hezbollah, soulignant leur résilience et leur capacité à riposter.
«Le gouvernement nous a trompés»: la déception politique
Omer Bar Lev, ancien commandant de l'unité d'élite «Sayeret Matkal», a déploré la capacité de l'Iran et du Hezbollah à reconstruire rapidement leurs forces militaires. Il a critiqué le «gouvernement israélien» pour avoir «trompé le public concernant les réalisations militaires», pour son incapacité à prendre en compte les habitants du Nord et pour ses priorités budgétaires. Il a conclu qu'une «victoire absolue» n'était pas envisageable et que le Hezbollah ne disparaîtrait pas.
«Le Hezbollah a conservé sa force»: le constat militaire
Le général de réserve Guy Hazut a confirmé que le Hezbollah avait conservé la majeure partie de sa force militaire et avait retrouvé confiance en ses capacités. L'écart entre les déclarations de défaite et la réalité actuelle, avec des dizaines de roquettes et de drones tirés quotidiennement, a suscité des critiques publiques.
Le Hezbollah tient «Israël» «par le cou»
L'analyste militaire Avi Ashkenazi a conclu que le Hezbollah tenait «Israël» «par le cou», soulignant les efforts du Parti pour réhabiliter ses capacités dans le Sud du Liban au cours de la dernière année et demie.
Victoires illusoires et retour de la guérilla
L'ancien commandant de la division des opérations, Israel Ziv, a affirmé que face aux "récits de victoires illusoires", le Hamas était redevenu puissant, le Hezbollah continuait le combat, paralysant le Nord et le centre d'«Israël», et l'Iran continuait de lancer des missiles. Ziv a également noté que le Hezbollah était passé d'une armée «semi-régulière» à un modèle de guérilla, opérant en petites cellules, privilégiant les embuscades et les frappes rapides pour exploiter les opportunités.
Estimations politiques, pas militaires
Selon le correspondant de la chaîne 12 dans le Nord, Guy Varon, le Hezbollah ne sera ni vaincu ni désarmé à l'issue de la «campagne» actuelle. Les estimations israéliennes seraient basées sur une trajectoire politique non disponible, et le gouvernement n'expliquerait pas clairement la situation au public.
Un choc persistant
Le journal «Haaretz» a confirmé que le Hezbollah s'était rétabli plus rapidement que prévu, et que de hauts responsables politiques «israéliens» étaient «surpris» par ses capacités. La chaîne 12 a rapporté qu'«Israël» avait du mal à cibler les plateformes de missiles du Hezbollah, redéployées de manière étendue.
Le Hezbollah ne s'est pas désintégré
L'analyste militaire Avi Yechzkelov a souligné que le secrétaire général du Hezbollah avait maintenu la chaîne de commandement et de contrôle, et que le Parti ne montrait aucun signe de désintégration. Les forces d'élite du Hezbollah continuent de mener des opérations.
Conclusion : une surprise stratégique
L'ensemble de ces éléments confirme le facteur de surprise imposé par le Hezbollah dans cette bataille. Les milieux «israéliens» reconnaissent son succès, qui a jusqu'à présent empêché Netanyahu et son armée de remporter une victoire militaire décisive. Le Hezbollah a démontré une capacité de combat remarquable, une structure de commandement efficace et une gestion de la bataille croissante, prouvant que l'effondrement prédit depuis 15 mois ne s'est jamais produit.
Traduit de l’arabe (original)
