Téhéran avertit Washington: En cas d’attaque, l’Iran visera des bases américaines
Par AlAhed avec AFP
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti samedi 7 février que Téhéran viserait des bases américaines dans la région si les États-Unis attaquaient son pays.
«Il n’est pas possible d’attaquer le sol américain si Washington nous attaque, mais nous viserons leurs bases dans la région», a déclaré M. Araghchi, lors d’une interview accordée à la chaîne qatarie Al Jazeera, selon des extraits publiés sur sa chaîne officielle Telegram.
«Prêt à conclure un accord»
Le chef de la diplomatie iranienne a toutefois déclaré samedi s’être mis d’accord avec les États-Unis pour tenir «bientôt» une nouvelle session de pourparlers, se disant prêt à conclure un accord qui «rassure» avec Washington au sujet du nucléaire. «À l’heure actuelle, aucune date spécifique n’a été fixée pour une deuxième session de négociations, mais nous et Washington pensons qu’elles doivent se tenir bientôt», a-t-il ajouté.
«L’enrichissement (nucléaire) est notre droit inaliénable et doit se poursuivre (...) Nous sommes prêts à un accord rassurant au sujet de l’enrichissement», a-t-il affirmé. Il a ajouté que bien que les discussions vendredi à Oman étaient «indirectes», «une chance s’est présentée de serrer la main de la délégation américaine».
Programme balistique non négociable
Abbas Araghchi a également affirmé que le programme balistique de son pays ne pourrait «jamais être négocié» avec les États-Unis. «La question des missiles ne pourra jamais être négociée car il s’agit d’un enjeu de défense», a-t-il déclaré.
«Atmosphère très positive»
Le ministre iranien a dit espérer que Washington s’abstiendrait de toute nouvelle «menace» pour que les pourparlers puissent se poursuivre. «Dans une atmosphère très positive, nos idées ont été échangées», a-t-il déclaré à la télévision d’État iranienne. Il a ajouté que les deux parties étaient «convenues de poursuivre les négociations, mais que les modalités et le calendrier seraient décidés ultérieurement». Les discussions se concentrent «exclusivement sur la question nucléaire» : «Nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains», a affirmé Abbas Araghchi à l’agence de presse Irna.
Samedi, lors d’une conférence au Qatar, il s’en est pris à «Israël», fustigeant la «doctrine de domination» de cette entité qui lui permet d’élargir son arsenal militaire tout en faisant pression sur les autres pays de la région pour qu’ils se désarment.
Premières discussions depuis la guerre «israélo»-américaine
Le président américain Donald Trump a salué les «très bonnes» discussions avec l’Iran, à l’issue d’une session de pourparlers ce vendredi 6 février 2026 à Oman, affirmant que les négociations allaient se poursuivre en début de semaine prochaine, rapporte l’AFP.
Tout en saluant ces pourparlers, Donald Trump a maintenu la pression sur l’Iran, avec de nouvelles sanctions et un décret faisant planer samedi la menace de droits de douane supplémentaires aux pays qui continuent de commercer avec l’Iran. «Nous avons […] eu de très bonnes discussions sur l’Iran, l’Iran semble vouloir absolument conclure un accord», s’est félicité le président américain devant des journalistes à bord d’Air Force One. «Nous allons nous rencontrer à nouveau en début de semaine prochaine», a-t-il ajouté.
Des discussions ont eu lieu entre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi et l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, sous la médiation du sultanat d’Oman.
Ces discussions étaient les premières depuis sur des sites nucléaires iraniens en juin, lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une agression contre l’Iran lancée par «Israël», allié de Washington.
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