Menaces de Trump et tensions commerciales: Les Bourses asiatiques sous pression, l’or au plus haut
Par AlAhed avec AFP
Les marchés ne sont pas près de s’apaiser. Les Bourses asiatiques restent plombées ce mercredi par les menaces douanières brandies par Donald Trump à l'encontre des pays européens s'opposant à toute annexion du Groenland.
Dans la foulée d’une chute des Bourses mondiales mardi, les places asiatiques continuent d’accuser le coup face au spectre d’un bras de fer commercial entre États-Unis et Europe.
Conséquence: «Une vague de rouge a déferlé sur les marchés dès l’ouverture de Wall Street mardi (après un lundi férié)», dans des volumes d’échanges très fournis, «les investisseurs étant rivés aux perspectives autour du Groenland et au risque d’un relèvement des droits de douane américains d’ici le 1er février, avec réaction éventuelle de l’Europe», observe Chris Weston, du courtier Pepperstone.
À la Bourse de Tokyo vers 02H15 GMT, l'indice vedette Nikkei abandonnait 0,52% à 52.714 points, et l'indice élargi Topix 0,89% à 3.593 points.
L'humeur était maussade à travers la région: la Bourse de Séoul lâchait 0,23%, Taipei 0,39%, Sydney 0,43% et l'indice hongkongais Hang Seng se stabilisait.
Sous pression, le dollar cédait 0,15% face à la devise japonaise, à 157,91 yens.
«Bien entendu, l'attention des traders se porte désormais sur le discours que doit prononcer Trump à Davos», où se réunit cette semaine le Forum économique mondial, «mais avant cela, ils scrutent l'évolution des marchés en Asie», ajoute-t-il. «La question clé est de savoir (...) s'ils continueront de juger la situation suffisamment risquée au point de réduire leur exposition au risque».
«L'incertitude en matière de politique commerciale est omniprésente», avec divers aspects: «l'impact des nouveaux tarifs douaniers sur l'activité économique en Europe et aux États-Unis» mais aussi «la crédibilité de Washington mise à mal, alors que l'accord commercial entre les États-Unis et l'UE est en suspens», complète Kyle Rodda, de Capital.com.
Nouveau sommet pour l'or
Mais ce regain de tensions géopolitiques propulse l’or à un nouveau sommet.
Face aux tensions géopolitiques, les métaux précieux, valeurs refuges contre l'incertitude, caracolent.
L'or s'est hissé mercredi à 4844 dollars l'once.
L'argent, lui, reprenait son souffle (-0,9%, à 93,74 dollars) après un sommet inédit mardi à 95,88 dollars l'once.
À l’inverse, le marché pétrolier buvait la tasse: vers 02H30 GMT, le baril de WTI nord-américain cédait 0,86% à 59,84 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord 1,03% à 64,25 dollars.
Les obligations japonaises, dont les rendements ont reculé mercredi, reprenant leur souffle après s'être envolés la veille à des niveaux records, continuent de voir rouge.
La perspective des allègements fiscaux (suppression d'une taxe sur les ventes de produits alimentaires) promis par la Première ministre Sanae Takaichi, à trois semaines d'élections anticipées, avive les craintes de dérapage budgétaire dans un pays déjà lourdement endetté.
Les taux à 30 ans retombaient mercredi à 3,80%, contre un pic historique à 3,85% la veille.
Les taux à dix ans glissaient à 2,335% après s'être hissés mardi à 2,343%.
«Le principal facteur de la hausse des rendements japonais (mardi) était l'anticipation d'une augmentation des dépenses publiques par le gouvernement Takaichi, qui a convoqué ces élections pour obtenir un mandat en faveur d'une politique budgétaire expansionniste», commente Kyle Rodda, de Capital.com.
«Cette flambée des rendements japonais ravive les craintes d'une volatilité similaire à celle observée en août 2024», note-t-il.
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