Iran: L’internet a été coupé «après le début des opérations terroristes», dit Araghchi
Par AlAhed avec agences
L’Iran a coupé les communications par internet le 8 janvier parce que des «opérations terroristes» avaient commencé durant les manifestations, initialement liées à des revendications économiques, a affirmé mardi le chef de la diplomatie iranienne.
«Le gouvernement dialoguait avec les manifestants. L’internet n’a été coupé que lorsque nous avons été confrontés à des opérations terroristes et constaté que les ordres venaient de l’étranger», a déclaré Abbas Araghchi.
M. Araghchi a par ailleurs indiqué, dans une interview exclusive accordée lundi à la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, que les canaux de communication avec les États-Unis restaient ouverts malgré les émeutes en cours.
Il a toutefois souligné que l’Iran était prêt à opter pour «l’option militaire» si Washington voulait la tester.
M. Araghchi a également affirmé que l’Iran bénéficiait aujourd’hui d’une «préparation militaire plus renforcée et plus étendue» qu’au moment de la guerre des 12 Jours.
Pour rappel, «Israël» et les États-Unis ont lancé une agression flagrante contre l’Iran en juin 2025, à laquelle la République islamique a mis fin en l’espace de 12 jours, grâce à sa puissance militaire et à ses capacités de renseignement.
Cette agression, qui a fait plus d'un millier de morts iraniens, est survenue alors que Téhéran et Washington menaient des négociations indirectes sur le programme nucléaire iranien.
Dimanche, le président américain Donald Trump a dit envisager des «options sérieuses» concernant l'Iran, y compris une éventuelle intervention militaire face à ce qu'il a qualifié de confrontation entre la République islamique et les manifestants.
Les manifestations pacifiques contre les difficultés économiques de la semaine dernière ont dégénéré en émeutes, alimentées par les déclarations de dirigeants américains et «israéliens».
Des groupes armés ont incendié et détruit des biens publics, faisant des victimes parmi les civils et les forces de sécurité.
Les forces de sécurité et les instances judiciaires affirment avoir démantelé plusieurs cellules armées et arrêté des agents liés à l'étranger au cours des émeutes.
Donald Trump, qui a récemment ordonné l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une intervention des forces spéciales américaines, a prétendu qu'une réunion était en cours d'organisation avec Téhéran pour négocier son programme nucléaire, déclarant en même temps que les États-Unis pourraient «être amenés à agir avant la réunion».
Le ministre iranien des Affaires étrangères a fait remarquer que «si Washington veut tester l’option militaire qu’il a déjà testée, nous sommes prêts».
Le chef de la diplomatie iranienne a néanmoins exprimé l'espoir que les États-Unis choisiraient «la sage option» du dialogue, avant de mettre en garde contre «ceux qui tentent d'entraîner Washington dans la guerre afin de servir les intérêts d'Israël».
Ailleurs dans ses propos, M. Araghchi a déploré le nombre croissant de morts, réitérant des affirmations antérieures selon lesquelles des «éléments terroristes» s'étaient «infiltrés parmi les manifestants et avaient ciblé aussi bien les forces de sécurité que les manifestants».
M. Araghchi a déclaré que ses communications avec l'envoyé spécial américain Steve Witkoff s'étaient «poursuivies avant et après les manifestations et se poursuivent encore aujourd'hui».
Téhéran étudiait les points discutés avec Washington, a-t-il indiqué. «Les propositions américaines et les menaces qu'ils profèrent à l'encontre de notre pays sont incompatibles».
«Nous sommes prêts à nous asseoir à la table des négociations sur le programme nucléaire, à condition qu'elles se déroulent sans menaces ni diktats», a ponctué M. Araghchi, tout en s'interrogeant sur la capacité de Washington à mener des négociations «justes et équitables».
«Le moment venu, nous examinerons sérieusement la question», a-t-il conclu.
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