
Visite d’un «ministre israélien» au Somaliland: La Somalie dénonce une «incursion non-autorisée»
Par AlAhed avec AFP
Le «ministre israélien des Affaires étrangères» Gideon Saar s'est rendu mardi au Somaliland, république autoproclamée récemment reconnue par «Israël», une visite officielle condamnée par la Somalie comme une «incursion non autorisée» sur son territoire.
Le 26 décembre, «Israël» est devenu la première entité à reconnaître le Somaliland comme «Etat indépendant et souverain» depuis sa sécession en 1991 de la Somalie.
Celle-ci sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.
La décision «israélienne» a indigné Mogadiscio ainsi que de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman qui ont condamné une attaque contre la souveraineté somalienne.
Mardi, une délégation menée par Gideon Saar s'est rendue à Hargeisa, capitale du Somaliland.
Selon un communiqué de son bureau, il a tenu des réunions avec le président du Somaliland Abdirahman Mohamed Abdullahi, surnommé «Irro», ainsi que de hauts responsables gouvernementaux et militaires.
«Le Somaliland est, et a été, une démocratie stable depuis près de 35 ans. Il est pro-occidental et ami d’Israël. Reconnaître la République du Somaliland (...) est la chose moralement juste à faire», a-t-il affirmé.
Le président du Somaliland a pour sa part salué une «décision courageuse», et souligné qu'il s'agissait de la première visite de ce type d'un «ministre des Affaires étrangères» en 34 ans.
Saar a annoncé une aide d'«Israël» au Somaliland dans les secteur de l'eau, de la médecine et de l'éducation, mais aussi une coopération dans la défense, avec à terme le développement d'un «partenariat stratégique» entre les deux parties.
«Interférence inacceptable»
Le ministère des Affaires étrangères somalien a condamné une «incursion non autorisée du ministre israélien des Affaires étrangères à Hargeisa, partie intégrante et indissociable du territoire souverain» somalien, ainsi qu'une «interférence inacceptable dans les affaires internes» du pays.
Le même jour, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a, à l'issue d'une réunion spéciale, condamné la reconnaissance du Somaliland par «Israël» et appelé à sa «révocation immédiate».
La Ligue arabe a pour sa part exprimé mardi son «rejet total de toute relation officielle ou quasi officielle» avec le Somaliland en dehors du «cadre de la souveraineté nationale somalienne», ajoutant dans un communiqué que cela «compromettrait la paix et la sécurité régionales et exacerberait les tensions politiques en Somalie, en mer Rouge, dans le golfe d’Aden et dans la Corne de l’Afrique».
Le Somaliland a été brièvement un État reconnu en juin 1960 lorsqu’elle a obtenu son indépendance du Royaume-Uni, mais elle s’est volontairement unie à la Somalie quelques jours plus tard, quand la tutelle de l'Italie sur cette dernière a pris fin.
Le territoire bénéficie d’une position stratégique sur le golfe d’Aden et dispose de sa propre monnaie, de son passeport et de son armée.
Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud avait affirmé la semaine dernière que le Somaliland avait accepté trois conditions d'«Israël»: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux «accords d'Abraham», pour normaliser ses relations avec «Israël».
Les deux premières conditions ont été qualifiées de «mensongères» par les autorités du Somaliland.
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