
Venezuela: Trump écarte toute élection durant le prochain mois, Delcy Rodriguez investie présidente par intérim
Par AlAhed avec AFP
Le président américain Donald Trump a écarté lundi le 5 janvier toute élection durant le prochain mois au Venezuela, qui a investi Delcy Rodriguez présidente du pays par intérim.
Lors d’une interview à la chaîne américaine NBC, le président américain a écarté toute élection au Venezuela dans les trente prochains jours, estimant que les Etats-Unis devaient «d’abord remettre le pays sur pied».
Le président de la Chambre des représentants américaine, le républicain Mike Johnson, s’est dit favorable à la tenue rapide d’élections au Venezuela.
«Je m’attends à ce qu’il y ait des élections convoquées au Venezuela. Bien sûr certaines choses sont encore en train d’être déterminées, mais ça devrait se produire dans un court délai», a-t-il déclaré lundi soir.
Le ténor républicain s’exprimait à la sortie d’une longue réunion à huis clos entre un groupe restreint de parlementaires et le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, ou encore le chef d’état-major de l’armée, le général Dan Caine.
«Nous ne nous attendons pas à des troupes sur le terrain», a aussi commenté Johnson, ajoutant: «Nous ne prévoyons pas d’implication directe au-delà de simplement exercer une coercition sur le nouveau gouvernement intérimaire».
Il a également défendu la légalité de l’opération, menée sans notification du Congrès et critiquée par l’opposition démocrate.
«Nous ne sommes pas en guerre. Nous n’avons pas de forces armées au Venezuela et nous n’occupons pas le pays», a estimé l’élu.
Le patron des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a qualifié le plan de Donald Trump pour «diriger» le Venezuela de «vague, reposant sur des vœux pieux et insatisfaisant».
«Quand les Etats-Unis s’engagent dans ce genre de changement de régime et de prétendue reconstruction nationale, ça finit toujours par leur causer du tort. J’ai quitté la réunion avec le sentiment que ça serait de nouveau le cas», a conclu le sénateur.
Delcy Rodriguez investie présidente par intérim
A Caracas, Delcy Rodriguez a été investie, lundi, en tant que présidente par intérim du Venezuela, après avoir prêté serment devant l’Assemblée nationale.
«Je me présente avec douleur en raison de l’enlèvement de deux héros qui sont otages aux Etats-Unis (…) J’ai aussi l’honneur de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens», a-t-elle déclaré.
La Cour suprême lui avait ordonné, samedi, d’assumer les fonctions de chef de l’Etat pendant quatre-vingt-dix jours renouvelables, et l’armée lui avait apporté son soutien le lendemain.
Delcy Rodriguez a prêté serment en présence de son frère, Jorge Rodriguez, réélu président de l’Assemblée, et du fils du chef de l’Etat, Nicolas Maduro Guerra, surnommé «Nicolasito» («petit Nicolas»), député lui aussi réélu, qui portait la Constitution.
«A toi, Delcy Eloina, tout mon soutien inconditionnel pour la tâche si difficile qui t’incombe. Compte sur moi, compte sur ma famille!», a déclaré ce dernier avant la prestation de serment, affirmant: «La patrie est entre de bonnes mains, papa!»
Très applaudi, il a ajouté: «Le Venezuela ne demande ni privilèges ni concessions, il exige le respect. Notre aspiration à la paix n’est ni faiblesse ni reddition, c’est une décision souveraine. Nous voulons des relations internationales avec tous, fondées sur l’égalité, le respect mutuel et la coopération, sans menace et sans ingérence».
La légalité de «l’opération» américaine en question
Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez avait affiché sa volonté de coopérer avec les États-Unis dans le cadre de relations «équilibrées et respectueuses (...) fondées sur l'égalité souveraine et la non-ingérence».
De nombreux pays contestent la légalité de l'intervention américaine, présentée par les États-Unis comme une «opération de police».
Lors d'une réunion d'urgence lundi du Conseil de sécurité de l'ONU, le secrétaire général Antonio Guterres a appelé au respect de l'«indépendance politique» des États, dans un texte lu par une adjointe.
Certains alliés des États-Unis, dont l'Union européenne, ont exprimé leur inquiétude.
À Paris, Emmanuel Macron a affirmé que la «méthode utilisée» par Washington pour capturer Nicolas Maduro, n'était «ni soutenue ni approuvée» par la France.
Lors de l'opération, 32 membres des services de sécurité cubains ont été tués, a précisé le gouvernement de ce pays allié de Caracas.
«Cuba est prêt à tomber», a déclaré Trump, estimant qu'il serait difficile pour ce pays de «tenir le coup» sans les revenus issus du pétrole vénézuélien.
Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.
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