Yémen: Des appels à la «coaltion» pour renoncer à attaquer Hodeida
Les appels à la «coaltion arabe» l’incitant à ne pas attaquer la ville portuaire de Hodeida se sont multipliés. Après l’ONU, c’est l'International Crisis Group (ICG) qui tire la sonette d’alarme.

La guerre au Yémen entrera dans une «nouvelle phase plus dévastatrice» si des forces appuyées par Abou Dhabi et Ryad tentent de prendre la ville portuaire de Hodeida, a estimé l'International Crisis Group (ICG) en appelant Washington à ne pas donner un feu vert à ses alliés.
La ville de Hodeida (600.000 habitants), située sur la côte occidentale du Yémen, sur la mer Rouge, est contrôlée par le mouvement Ansarullah. Son port est le point d'entrée d'une bonne partie des importations du pays et de l'aide humanitaire internationale destinée à une population exsangue.
«Une bataille pour Hodeida sera certainement longue et laissera des millions de Yéménites sans nourriture, sans carburant et d'autres fournitures vitales», a écrit dans un nouveau rapport l'ICG, un groupe international d'analyse et de réflexion sur les conflits.
«Le Yémen s'enfoncera davantage dans ce qui est déjà la pire crise humanitaire du monde» et «plutôt que de permettre un retour à la table de négociations», les combats auront un effet contraire, a prédit le rapport.
Les Etats-Unis, proches alliés d'Abou Dhabi et de Ryad, «ne devraient pas donner leur feu vert à une offensive sur Hodeida» et devraient plutôt «presser les Emirats arabes unis à stopper le mouvement des hommes sous leur contrôle», a souligné l'ICG.
Lundi, les Nations unies se sont mobilisées pour éviter «une bataille féroce et sanglante» à Hodeida.
Selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l’émissaire de l’ONU pour le Yémen Martin Griffiths mène en d'«intenses négociations» avec Ansarullah, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis pour «éviter une confrontation militaire à Hodeida».
Et le Conseil de sécurité s’est réuni à huis clos pour entendre M. Griffiths, qui parlait par visio-conférence depuis la Jordanie, alors que les mercennaires alliés à la «coalition» sont à dix kilomètres de la ville portuaire.
«Catastrophique»
L’ONU avait déjà averti que jusqu’à 250.000 personnes seraient en danger en cas d’attaque de la «coalition». Le responsable des affaires humanitaires à l’ONU, Mark Lowcock, qui a également été entendu par le Conseil, a affirmé qu’une telle attaque serait «catastrophique».
Le Yémen dépend des importations pour 90% de sa nourriture, et 70% de ces importations passent par Hodeida, a-t-il souligné.
M. Griffiths doit présenter le 18 juin un nouveau plan de paix pour le Yémen. Il a averti qu’une action militaire pourrait menacer ses efforts.
Onze organisations humanitaires, dont Oxfam and Save the Children, ont écrit au ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson pour l’exhorter à avertir la «coalition» qu’elle perdrait le soutien du Royaume-Uni si elle lançait une attaque.
«Si cette attaque se produit, le nombre de victimes dans tous les camps sera élevé avec un impact qui sera sûrement catastrophique sur la population civile», ont-elles affirmé.
La «coalition» menée par l’Arabie prétend que le port est utilisé par Ansarullah pour faire entrer illégalement des armes.
Source : agences et rédaction
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