Crise dans le Golfe: Tillerson rencontre son homologue qatari
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a rencontré mardi son homologue qatari, Mohammed ben Abdulrahman al-Thani, quelques semaines après que plusieurs pays du Golfe ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha.

L'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Egypte, les quatre pays arabes qui ont rompu les relations diplomatiques avec le Qatar pour son soutien présumé au terrorisme, ont publié une liste de 13 exigences censées mettre un terme à la dispute avec Doha, y compris la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera et la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran. Elles ont été rejetées par le Qatar.
Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a appelé mardi les pays impliqués dans la crise du Golfe à rester «ouverts à la négociation», après que Ryad eut affirmé que ses demandes à Doha étaient «non négociables».
L'Arabie saoudite est restée mardi inflexible vis-à-vis du Qatar au moment où le secrétaire d'Etat américain jouait les bons offices à Washington en recevant plusieurs représentants du Golfe pour tenter résoudre la crise avec le petit émirat gazier.
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont isolé le 5 juin le Qatar économiquement et diplomatiquement, accusant le riche émirat de soutenir le «terrorisme».
Présent à Washington mardi, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé sur Twitter que ces demandes n'étaient «pas négociables».
Tillerson a ensuite rencontré le ministre d'Etat koweïtien pour les affaires gouvernementales cheikh Mohammad Abdullah Al-Sabah, qui s'était rendu en Arabie saoudite pour une mission de médiation.
Les ministres américain et koweïtien ont, après leur entretien, «réaffirmé la nécessité pour toutes les parties de faire preuve de retenue afin de permettre des discussions diplomatiques productives», selon un communiqué du département d'Etat.
Rex Tillerson a exhorté pour sa part «les parties à rester ouvertes à la négociation, qui est le meilleur moyen de résoudre le différend», selon le même communiqué.
Le chef de la diplomatie américaine devait aussi dîner en soirée avec des responsables koweïtiens et le secrétaire général de l'ONU, qui a proposé son aide pour résoudre la crise.
Les Etats-Unis ont mis en garde sur le fait que le Qatar aurait du mal à satisfaire certaines demandes et réclamé à Ryad de réduire sa liste aux requêtes «raisonnables et recevables».
Les discussions vont se poursuivre cette semaine, a précisé une porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert.
Les Etats-Unis ont des liens étroits avec les pays en conflit: le Qatar abrite la plus grande base aérienne américaine de la région. Le Bahreïn, lui, abrite une base navale de la Cinquième flotte américaine. Et les armées américaines et saoudiennes travaillent étroitement ensemble.
Le rôle des Etats-Unis sera crucial dans ces «discussions de proximité», estime Hussein Ibish, un chercheur à l'Arab Gulf States Institute à Washington.
«C'est une lutte sans merci de volontés», ajoute-t-il. «La porte de sortie c'est une sorte de médiation américaine qui permet à chacun de sauver la face».
Source : sites web et rédaction
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