Des Irakiens témoignent: «Daech» torturait des enfants et des handicapés
Situé à 20 kilomètres au nord de Mossoul, le village irakien de Faziliye a récemment été libéré du joug de groupe takfiriste «Daech». Les habitants locaux témoignent à Sputnik de ce qu’ils ont subi au cours des 28 mois sous l’occupation terroriste.

«Les extrémistes nous ont interdit de nous servir de téléphones et d'Internet. On n'avait pas le doit d'allumer le téléviseur ou la radio. Un jour, j'ai tenté de leur expliquer que je devais à tout prix me rendre à l'hôpital d'Erbil ou de Dahuk pour suivre un traitement, mais ils ne m'ont même pas écouté. Personne n'avait le droit de quitter le village sans leur autorisation», témoigne Fadil Djoumaa, 37 ans, qui souffre d'un handicap inné.
Un jour, ce jeune homme est sorti fumer une cigarette dans la rue… Les extrémistes l'ont condamné à 20 coups de fouet.
Iounous Edvi, 12 ans, a écopé d'une peine similaire, mais lui pour avoir adressé la parole à sa cousine.
«Les extrémistes m'ont condamné à 20 coups de fouet et à une amende de 20 000 dinars (15,5 euros, ndlr). Ils ont rassemblé les habitants sur la place centrale et m'ont puni devant tout le monde. Personne n'est intervenu, tout le monde ayant peur pour soi-même et pour ses enfants », a expliqué le garçonnet.
Talal Abdullah, 22 ans, a vu des extrémistes faire irruption dans sa maison. Ils ont vu à travers la fenêtre que le jeune homme fumait dans sa chambre. «Le juge de Daech m'a condamné à 50 coups de fouet et une amende de 30 000 dinars (23 euros, ndlr). Mais, Dieu merci, les takfiristes ont été expulsés de notre village», relate-t-il.
«Ils m'ont soupçonné d'avoir aidé un proche, combattant au sein des forces peshmergas (kurdes, ndlr). Les extrémistes ont fait irruption chez nous et puis nous ont conduits — mon père et moi — dans leur état-major. Pendant 10 jours, ils m'ont torturé, m'ont frappé sur le dos et sur les jambes à l'aide d'un bâton métallique. Ceci a eu lieu il y a un mois. Depuis, je suis handicapé: je souffre de douleurs atroces et je ne peux plus me servir de ma jambe gauche», raconte le jeune Hamed Ioussouf.
Patrouilles des femmes extrémistes
«Daech a contrôlé notre village pendant deux ans et quatre mois. Pendant cette période, on a mené la vie des esclaves. Et ce sont les femmes qui ont souffert le plus», témoigne Hazime Issa, 40 ans.
Selon elle, pour la moindre violation des «normes» imposées par les terroristes, les femmes étaient punies avec toutes les atrocités.
«Des divisions féminines de Daech patrouillaient sans cesse dans les rues et même contrôlaient les maisons pour veiller sur l'application des +règles+ imposées par les extrémistes. Ma cousine a passé deux semaines en prison pour avoir porté une bague», conclut la femme.
L'armée gouvernementale irakienne, avec le soutien des unités paramilitaires, réalise depuis le 17 octobre une opération militaire visant à libérer Mossoul des terroristes de «Daech», qui contrôlent la ville depuis 2014.
Source: agences et rédaction
Comments
