Irak: des chefs extrémistes ont quitté Mossoul, selon un général US
Des chefs extrémistes ont quitté la ville de Mossoul ciblée par une offensive des forces irakiennes, et ce sont surtout des takfiristes étrangers qui défendront la place, a indiqué mercredi un général américain de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
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«Nous avons vu du mouvement» de responsables et combattants de «Daech» hors de la ville, et ce sont des combattants étrangers «qui resteront et combattront», a déclaré le général Gary Volesky, en vidéo-conférence depuis Bagdad.
De 3000 à 5000 combattants de «Daech» se trouvent dans la ville. Celle-ci n'est pas totalement assiégée par les forces irakiennes. Les extrémistes peuvent donc éventuellement fuir par l'ouest vers la ville irakienne de Tal Afar, ou vers la Syrie.
L'armée russe a mis en garde mercredi contre un exode des extrémistes actuellement en Irak vers la Syrie. «Il ne faut pas chasser les terroristes d'un pays à l'autre, mais les détruire sur place», a déclaré le chef d'état-major russe, le général Valeri Guerassimov.
Pour le général américain, ce sont surtout les extrémistes étrangers qui mèneront le combat contre les forces irakiennes. «Nous pensons qu'ils seront ceux qui resteront et combattront, parce qu'ils n'ont pas d'autre endroit où aller. C'est difficile pour eux de se mêler à la population locale», a-t-il estimé.
Les forces irakiennes ont poursuivi mercredi leur progression vers Mossoul, se préparant notamment à reprendre la plus grande ville chrétienne d'Irak, située à proximité, ce qui constituerait une importante avancée.
Des dizaines de villages repris
A 15 km au sud-est de Mossoul, les forces progouvernementales sont entrées mardi dans plusieurs quartiers de la ville chrétienne de Qaraqosh, suscitant des manifestations de joie parmi les chrétiens de la région réfugiés à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.
Des officiers du contre-terrorisme irakien ont affirmé que leurs forces étaient en passe de chasser les extrémistes de cette ville.
«Il y a des poches [de résistance], des combats, les terroristes envoient des voitures piégées, mais cela ne les aidera pas» a déclaré le lieutenant Riyadh Tawfiq, commandant des forces terrestres irakiennes.
Les forces impliquées dans l’offensive sur Mossoul avancent sur deux axes, depuis Qayyarah, au sud, et depuis Khazir, à l’est, et des commandants irakiens ont assuré que des dizaines de villages avaient été repris. Mercredi, les forces irakiennes atteignaient le village de Bajwaniyah, à 30 km au sud de Mossoul.
«Boucliers humains»
Le sort des habitants de Mossoul et des localités proches inquiète l’ONU.
De plus, les Etats-Unis ont déclaré que les extrémistes de «Daech» retenaient les civils «contre leur gré» et s’en servaient comme «boucliers humains».
Pour l’heure, «les activités militaires se concentrent dans des zones à faible densité de population et nous n’avons pas enregistré de déplacements massifs de civils», a déclaré mercredi le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires, Stephen O’Brien.
«Beaucoup de familles commencent à manquer de certains produits alimentaires de base, il n’y a plus de commerce à Mossoul, la ville est coupée du monde», a affirmé à l’AFP un résident de 47 ans joint par téléphone.
Jusqu’à présent, seulement quelques dizaines de familles ont pu fuir Mossoul depuis le début de l’opération militaire. Mais des groupes plus importants ont fui des zones autour de la métropole et trouvé refuge dans des secteurs plus sûrs, y compris en Syrie voisine, pourtant en guerre.
Selon l’ONG Save the Children, 5 000 civils irakiens sont arrivés ces dix derniers jours dans un camp de réfugiés en Syrie, à Al-Hol, à quelques kilomètres de la frontière irakienne.
Source: agences et rédaction
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