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Indignation après la diffusion d’images montrant des migrants ligotés par des Bulgares

Indignation après la diffusion d’images montrant des migrants ligotés par des Bulgares
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Des défenseurs des droits de l'homme ont exigé l'ouverture d'une enquête après la diffusion hier en Bulgarie d'images de migrants ligotés par des civils et couchés par terre, alors que se multiplient les incidents impliquant des milices privées.

Indignation après la diffusion d’images montrant des migrants ligotés par des Bulgares

«Il s'agit des images les plus brutales d'arrestations de migrants par des civils diffusées en Bulgarie. Si de telles initiatives sont laissées sans réaction, elles vont se multiplier», s'est alarmé Krassimir Kanev, président de l'ONG Comité d'Helsinki. Diffusée par plusieurs télévisions hier, la séquence, filmée avec un téléphone portable, montre trois migrants, au regard effrayé, couchés sur le ventre, les bras liés dans le dos, dans une forêt à la frontière bulgaro-turque. Invité à réagir par la chaîne BTV, le chef de la police frontalière Antonio Anguelov a relevé que cette action de particuliers est «au moins illégale».

Les initiatives de «justiciers» autoproclamés se livrant à la chasse aux migrants dans les régions frontalières se sont multipliées ces derniers mois en Bulgarie, un pays partageant 269 km de frontière avec la Turquie.

Le Premier ministre Boïko Borissov avait mis en garde dimanche contre tout «dépassement de leurs droits» par ces civils. Le dirigeant avait félicité quelques jours plus tôt un groupe de miliciens privés qui avaient signalé à la police une vingtaine de migrants près de la frontière bulgaro-turque, sans toutefois les molester. Ces activistes s'étaient vu décerner des certificats de mérite par Anguelov.

La Bulgarie, qui craint de devenir un axe majeur de transit des migrants depuis le renforcement des contrôles en Grèce, a renforcé ses patrouilles à ses frontières et a entrepris de prolonger la clôture de 95 km qu'elle a érigée à sa frontière turque. Borissov a invité les riverains à faire preuve de vigilance face aux passages clandestins, tout en mettant en garde contre les débordements. «L'État est à nous tous, qui veut aider est le bienvenu», a-t-il déclaré. Selon une étude publiée vendredi, 60 % des Bulgares considèrent les migrants comme «une menace pour la sécurité nationale».

Tsipras : comportement «honteux» de la Macédoine

Par ailleurs, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a accusé hier la Macédoine d'avoir eu un comportement «honteux» dimanche dans la manière dont elle a repoussé des centaines de migrants qui tentaient de forcer la frontière dimanche à Idomeni.

Les forces de l'ordre macédoniennes ont utilisé des «gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc face à des gens qui ne constituaient pas une menace, n'étaient pas armés», a dit Tsipras. «Il s'agit d'une grande honte pour la société européenne et un pays qui veut en faire partie», a-t-il jugé.

Dimanche, quelques centaines des plus de 11 000 migrants entassés à la frontière depuis sa fermeture totale début mars ont tenté de la franchir, s'attirant une réplique à coups de gaz lacrymogènes, et, selon la partie grecque, de balles en caoutchouc, ce que Skopje a réfuté. Le ministère macédonien de l'Intérieur a pour sa part accusé «la police grecque de n'avoir pas essayé d'intervenir et de mettre un terme aux incidents». L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a assuré qu'il y avait eu utilisation de balles en caoutchouc.

Source : agences             

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