L’UE va proposer un plan d’aide financière pour faire face à la crise migratoire

L'Union européenne va proposer mercredi d'aider financièrement les Etats membres confrontés à des arrivées massives de migrants. Le Commissaire européen à l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, devait proposer à Bruxelles d'allouer une partie de l'aide humanitaire de l'UE aux pays qui doivent accueillir massivement réfugiés et migrants.
La Grèce notamment estime avoir besoin de près de 500 millions d'euros pour organiser l'accueil de 100.000 réfugiés et tente de gérer une situation devenue intenable à sa frontière avec la Macédoine où des milliers de migrants sont bloqués par les restrictions imposées à leur accès par plusieurs Etats européens.
Dans le sud de l'Europe, plus de 7.000 migrants sont restés bloqués au poste grec d'Idomeni après des restrictions imposées par plusieurs pays, dont la Macédoine, sur le nombre des personnes autorisées à entrer sur leurs territoires, un sujet qui divise profondément l'UE.
Après un passage au compte-gouttes dimanche en Macédoine, un groupe de 300 Irakiens et Syriens, dont des femmes et enfants, ont forcé lundi un cordon policier grec et enfoncé une partie de la barrière de barbelés. Les policiers macédoniens ont riposté au gaz lacrymogène.
Alors que la Commission européenne s'est dite «très inquiète» face à ces incidents, la Macédoine a justifié les tirs de gaz en évoquant «une tentative violente» d'intrusion. Skopje a également dépêché des renforts militaires et policiers.
La Macédoine est le premier pays sur la route des Balkans, empruntée par les migrants qui arrivent sur les îles grecques en provenance des côtes turques.
Lors d'une visite à Madrid, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a à nouveau dénoncé mardi soir les restrictions imposées aux migrants aux frontières dans les Balkans, qui ne «sont pas conformes au droit international ou à la décence humaine».
Plus de 131.000 migrants sont arrivés en Europe par la Méditerranée depuis début janvier, a annoncé le Haut-commissariat aux réfugiés, davantage que pour les cinq premiers mois de 2015.
En première ligne, Athènes a lancé un appel à l'aide mardi. «Nous ne sommes pas en mesure de faire face à l'ensemble des réfugiés qui arrivent», a prévenu la porte-parole du gouvernement Olga Gerovassili.
La Grèce, qui abrite actuellement 23.000 migrants, a prévu d'en renvoyer 308, principalement marocains, algériens et tunisiens, dans le cadre d'un "accord de réadmission" entre Athènes et Ankara, et en a déjà renvoyé 150 mardi.
En Italie, une douzaine d'associations ont dénoncé le traitement des nouveaux arrivants dans les «hotspots», centres d'enregistrement mis en place à la demande de Bruxelles.
Pour tenter de mettre fin à la cacophonie européenne, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a entamé mardi à Vienne une tournée dans les Balkans et se rendra jeudi et vendredi en Turquie avant un sommet européen le 7 mars à Bruxelles auquel assistera Ankara.
Source : AFP
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