«La Belgique ne devrait pas exporter d’armes en Arabie saoudite»

Les conflits qui déchirent le Moyen-Orient et les récents attentats de Paris ont (re)mis en lumière la polémique de la vente d’armes à l’Arabie saoudite. Alors que l’Allemagne vient de laisser entendre qu’elle pourrait restreindre ces exportations d’armement à destination de l’Arabie, le vice-premier ministre Kris Peeters (CD&V) estime que la Belgique ne devrait pas exporter d’armes en Arabie saoudite à l’heure actuelle.
Le gouvernement fédéral n’est plus compétent dans ce domaine, mais M. Peeters pense que le ministre-président flamand Geert Bourgeois et son homologue wallon Paul Magnette pourraient «envoyer un signal», a-t-il déclaré dans De Zondag.
M. Peeters fait notamment référence aux tensions grandissantes entre la monarchie et la République islamique d’Iran. L’Arabie saoudite a exécuté dimanche 47 personnes condamnées pour «terrorisme», dont le dignitaire Nimr al-Nimr, fervent opposant au régime, avivant les tensions avec l’Iran et l’Irak.
«L’Europe ne peut pas se permettre cela, nous devons tout faire pour éviter un conflit. L’exportation d’armes à l’Arabie saoudite doit donc aussi être interrompue», commente-t-il.
Le ministre n’est toutefois pas en faveur d’une rupture totale des relations commerciales de la Belgique avec le plus grand Etat de la péninsule arabique. «Cela serait complexe car des entreprises privées sont concernées», détaille-t-il.
Dans le monde politique, Ecolo a déjà réclamé un embargo sur les ventes d’armes à l’Arabie saoudite.
Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois, s’est quant à lui dit opposé à un embargo général sur l’exportation des armes vers l’Arabie saoudite. Mais dans le contexte actuel, il a précisé qu’il avait récemment refusé une demande de licence vers le royaume saoudien.
Selon le journal Les Echos, le gouvernement wallon a accordé en 2014 pour près de 400 millions d’euros de licences de vente, dont la majorité portaient sur des armes à feu et des munitions, à destination de l’Arabie saoudite.
Ce chiffre est quatre fois supérieur aux chiffres enregistrés en 2013, faisant alors de l’Arabie saoudite le deuxième client de la Wallonie, derrière le Canada. Les troisième et quatrième clients n’étant autres que le Qatar et les Emirats arabes, respectivement.
Au final, cette situation plonge les autorités wallonnes dans quelques embarras. «Il y a de sérieuses questions à se poser» sur l’utilisation qui sera faite de ces équipements dans le cadre de l’intervention saoudienne au Yémen, pointe le directeur adjoint du Groupe d’experts pour la paix et la sécurité (Grip), interrogé par Le Soir. «Le jour où l’Arabie décidera d’y envoyer des chars, nos armes seront là-bas», complète le directeur belge d’Amnesty International au micro de la RTBF.
D’autant plus, ajoute l’expert du Grip, que le royaume saoudien viole «le droit de la guerre et le droit humanitaire dans le cadre de son intervention militaire au Yémen», ce que dénoncent des organisations telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch.
D’autant plus qu’un rapport d’Amnesty International a relevé la présence, dans les rangs de «Daech», d’anciennes armes de la firme belge FM Herstal, important producteur wallon détenu par la région wallonne.
Source : sites web et rédaction
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