
Mistral: l’Egypte et l’Arabie saoudite sont prêtes à tout pour acheter les deux navires
Le partenariat stratégique entre la France et l’Egypte était à l’honneur de la cérémonie d’inauguration de l’extension du canal de Suez, jeudi 6 août, à Ismaïlia. Après avoir assisté ensemble, côte à côte, à la tribune présidentielle, au passage des trois Rafale et de la frégate multimission Fremm, acquis en février par l’Egypte, le président français François Hollande et son homologue égyptien ont discuté de la perspective d’approfondir leur partenariat stratégique.
Le Caire est candidat au rachat des deux navires de guerre Mistral construits par la France pour la Russie. 
«L’Egypte et l’Arabie saoudite sont prêtes à tout pour acheter les deux Mistral», confie une source officielle française. «Le roi Salman d’Arabie saoudite veut constituer une flotte digne de ce nom en Egypte, qui pourrait avoir une force de projection régionale, en mer Rouge et en Méditerranée», indique cette source. «Il y a un intérêt marqué manifesté par quelques pays de la région pour les Mistral dans l’optique de la constitution d’une force maritime. Ce sont des équipements qui ont prouvé leur efficacité», confirme une source diplomatique.
Depuis l’arrivée d’Abdel-Fattah Al-Sissi au pouvoir, l’Egypte et l’Arabie saoudite entretiennent des relations plus qu’étroites. Riyad a remis le pays à flot, en accordant au gouvernement Sissi une aide financière de plus de quatre milliards de dollars (3,7 milliards d’euros). L’Egypte a, en retour, soutenu son parrain saoudien dans l’offensive qu’il mène au Yémen, en déployant des moyens, notamment maritimes.
Plusieurs acheteurs potentiels des Mistral
La réunion bilatérale qui s’est tenue entre les présidents Hollande et Sissi dans le bateau qui les ramenait jeudi de la tribune présidentielle au lieu du dîner, à Ismaïlia, a été propice à échanger sur le dossier d’achat des deux navires. En novembre 2014, lors de la visite d’Etat de Sissi en France, les deux présidents avaient trouvé un accord de principe sur la vente de 24 Rafale et de la frégate multimission Fremm, finalisée en février. Toutefois, la France ne veut pas se prononcer sur le choix qui sera fait à Paris pour la revente des deux Mistral, au lendemain de l’accord conclu avec la Russie sur l’annulation de la livraison.
Devant la presse, jeudi, Hollande a seulement confirmé que les deux bâtiments «suscitent une certaine demande de la part de beaucoup de pays, et il n’y aura aucune difficulté pour trouver preneur». L’Egypte est un pays intéressé avec qui l’on discute comme avec d’autres, dit-on à l’Elysée. Le Canada et Singapour sont également cités comme acheteurs potentiels. Hervé Guillou, le PDG du groupe naval français DCNS, qui construit le Mistral, et auquel Le Caire a déjà acheté une frégate Fremm et quatre corvettes Gowind, s’est refusé à tout commentaire. «Les discussions vont être rapides et discrètes. L’idée est que ça aille vite», indique une source diplomatique.
Source : Le Monde et rédaction
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