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La France suspend la livraison du premier Mistral à la Russie

La France suspend la livraison du premier Mistral à la Russie
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La livraison du premier Mistral à la Russie a été suspendue mais la construction de ce navire de guerre se poursuit pour le moment, a indiqué jeudi une source proche du dossier.

«L’Elysée a expliqué que les conditions pour livrer ce navire n’étaient pas réunies à ce jour (compte-tenu de l’aggravation de la situation en Ukraine) mais il n’y a pas eu de directive pour arrêter la construction des navires», a déclaré cette source, qui a requisLa France suspend la livraison du premier Mistral à la Russie
l’anonymat.

Face à la situation en Ukraine, jugée «grave», le président, François Hollande, «a constaté que, malgré la perspective d’un cessez-le-feu qui reste à confirmer et à être mis en œuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison (à la Russie) du premier BPC (Bâtiment de projection et de commandement) ne sont pas à ce jour réunies», a auparavant déclaré la présidence française dans un communiqué.

«Les actions menées récemment par la Russie dans l’est de l’Ukraine contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe», a-t-elle ajouté.

«Certaines tensions» prévues

A ce stade, la construction des deux Mistral commandés par la Russie se poursuit toujours dans la perspective d’une livraison fin octobre début novembre du premier navire.

«Le refus à ce contrat ne sera pas une tragédie pour nous en matière de plan de réarmement», a réagi un vice-ministre russe de la Défense, Iouri Borissov, à l’agence officielle russe Itar-Tass.

«C’est bien évidemment désagréable et apporte certaines tensions dans les relations avec nos collègues français», a-t-il dit.

Interrogé par l’AFP, le groupe DCNS (codétenu par l’Etat et le groupe Thales), fabricant du Mistral, n’a pas souhaité communiquer quelles seraient les pénalités en cas de non livraison, se refusant à tout commentaire.

«Stupéfaction et scandale»

La suspension de cette livraison pourrait cependant avoir des répercussions considérables pour l’industrie de défense française et sur l’emploi à Saint-Nazaire (ouest) où les deux bâtiments sont assemblés.

«C’est une réaction de stupéfaction et de scandale», a déclaré à l’AFP Jean-Marc Perez, secrétaire adjoint de Force ouvrière, syndicat minoritaire chez STX, qui sous-traite la construction des deux bâtiments Mistral pour le compte de DCNS.

«Ce seraient des centaines d’emplois qui seraient mis en difficulté aussi bien chez STX que chez les sous-traitants», a-t-il ajouté.

De nombreux contrats industriels du secteur de la défense prévoient un paiement au fur et à mesure de la construction des engins. La Russie a ainsi payé la quasi-totalité du premier navire.

La vente à la Russie de deux Mistral conclue en juin 2011, avait été évaluée à environ 1,2 milliard d’euros par le gouvernement français de l’époque. Le premier bâtiment a été baptisé Vladivostok, et le second doit s’appeler Sébastopol, du nom du grand port de Crimée.

Ce sont des BPC (bâtiments de projection et de commandement), c’est-à-dire des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères, des chars, ou accueillir un état-major embarqué. Les Mistral sont aussi les plus gros navires de guerre français, après le porte-avions Charles-de-Gaulle.

Source: agences et rédaction

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