Le soutien de Hollande à «Israël» agace une partie de la gauche
C'était sa première réaction au déclenchement de l'offensive israélienne menée dans la bande de
Gaza et elle est mal passée. Dans un communiqué diffusé par l'Elysée mercredi soir, le Président a invoqué le droit d'«Israël» à se défendre contre les roquettes tirées par le Hamas. Il a ainsi condamné «fermement» au nom de la France «les agressions» contre l'entité sioniste et exprimait la «solidarité» du pays au Premier ministre Benjamin Netanyahou, rappelant qu'«il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces».
Une position qui a surtout indigné à gauche, y compris dans les rangs du PS. Les députés Alexis Bachelay et Razzy Hammadi ont notamment signé un communiqué en forme de mise en garde. «En aucun cas la France ne doit laisser penser qu'elle cautionne les violences ou les représailles militaires (...) La France doit au contraire clairement condamner toutes les représailles militaires». Ajoutant que la France devait «rappeler l'Etat d'Israël à ses obligations internationales» (arrêt de la colonisation et retrait des territoires occupés), ils appellent François Hollande «à tenir ces positions claires».
Hollande «passe à côté de la juste cause de la paix»
Plus direct, le député PS Pouria Amirshahi a estimé qu'à travers son communiqué, «le président de la République passe à côté de la juste cause de la paix, la plus belle que la France doive pourtant épouser». Selon lui, «en se solidarisant d'un camp», François Hollande «le conforte dans sa logique de vengeance et donc d'escalade». Citée par plusieurs médias, un autre député socialiste, Michel Issindou, président du groupe d'études (GEVI) France-Palestine, s'est dit «mal à l'aise» devant un communiqué qui donne «le sentiment qu'Israël est l'agressé». Lui juge au contraire qu'«il y a disproportion entre l'attaque et la riposte».
Europe Ecologie - Les Verts a également reproché au Président «ce point de vue qui justifie par
avance toutes les opérations militaires (...) au motif de prévenir le terrorisme». «La violence armée ne saurait être une réponse efficace. Les morts civiles sont autant d'obstacles à la poursuite de l'objectif de paix au Proche-Orient», demande le parti dirigé par Emmanuelle Cosse. «Quelle honte!», s'indigne également le Parti de gauche, co-présidé par Jean-Luc Mélenchon. «Si la France était dirigée par un gouvernement internationaliste et luttant pour le respect des droits des peuples, elle commencerait par exiger la fin immédiate des bombardements contre Gaza et la levée du blocus, ainsi que l'arrêt de la colonisation en Cisjordanie», indique la formation dans un communiqué.
François Hollande a néanmoins rectifié le tir jeudi. A Reims, où il tenait un discours au Fort de la Pompelle en marge de l'arrivée d'étape du Tour de France, il a affirmé que «le seul message» à prononcer était «le message du dialogue, de la retenue et de la recherche». Après un entretien téléphonique avec Mahmoud Abbas, l'Elysée a ensuite indiqué que François Hollande avait «exprimé son inquiétude» au leader palestinien, et «déploré que les opérations militaires en cours aient déjà fait de nombreuses victimes palestiniennes». «La sécurité de toutes les populations civiles doit être assurée et l'escalade doit cesser», précise-t-il.
Source : AFP
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