Un terroriste avait pris pour cible le Louvre et à la Tour Eiffel
La France reste l'une des cibles privilégiées des extrémistes. Selon Le Parisien, l'Hexagone a échappé l'an dernier à une vague d'attentats terroristes. Les enquêteurs ont découvert une série de messages cryptés échangés entre Ali M, un jeune Algérien installé depuis 5 ans en France, et un haut dignitaire d'Aqmi, Al-Qaeda au Maghreb islamique. Parmi les lieux ciblés: la Tour Eiffel, le musée du Louvre, les centrales nucléaires, le festival d'Avignon et toute une série de bars et de boites de nuit.
Sur le site extrémiste Shoumouk al-Islam, Ali M. s'appelait Abu Naji. Sous ce pseudo, à l'aide d'un logiciel de cryptage et sur une messagerie spécialement dédiée, cet Algérien de 29 ans, marié et père de deux enfants, a élaboré pendant un an des projets d'attentats en France avec l'un des plus hauts responsables d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), alias Redouane18.
Découverts à la suite de l'arrestation d'Ali M. il y a un an, ces messages ont été décryptés. Leur lecture fait froid dans le dos. Installé dans le Vaucluse où il travaillait dans une boucherie halal, Ali M., qui s'apprêtait à rejoindre un maquis dans le Sud algérien, serait-il passé à l'acte ?
Sélectionner des cibles
Le 1er avril 2013, Abu Naji est prié de faire parvenir «quelques suggestions relatives à
l'orientation à donner à l'activité du jihad à l'endroit où [il se] trouve». Dès le lendemain, dans un long mail, il s'exécute. «L'objectif qui mérite d'être visé s'avère la population française modeste et paupérisée», écrit-il. Ces futures victimes fréquentent les bars, les marchés, «certaines petites localités et les boîtes de nuit», poursuit-il. Soucieux de préserver les musulmans, Abu Naji suggère notamment d'éviter les centres commerciaux. Les patrouilles de police et de gendarmerie, en revanche, peuvent faire l'objet d'embuscades. De même les centrales d'électricité nucléaire ou encore «les avions au moment du décollage» peuvent être ciblés.
Abu Naji évoque les monuments historiques et énumère, à ce titre, «la tour Eiffel et le musée du Louvre». Sans citer nommément le Festival d'Avignon, il parle des «manifestations culturelles qui ont lieu dans des villes du sud de la France au cours desquelles des milliers de chrétiens se rassemblent pendant un mois». «Les artères deviennent noires de monde et une simple grenade peut blesser des dizaines de personnes, détaille-t-il. Je vous laisse imaginer si c'est un engin piégé.»
Constituer un réseau dormant
Visiblement satisfait par la réponse d'Abu Naji, Redouane18 veut à présent tester ses capacités de recruteur. «Est-ce que tu peux disposer d'un contact avec des frères qui auraient eux-mêmes des contacts avec nos frères dans le grand Sud saharien ?» demande-t-il le 6 avril ? Dans un message daté du 18 avril, Abu Naji évoque un «frère de Bel Abbes» et plusieurs autres «désireux de rejoindre l'Organisation». «Combien sont-ils ? Où résident-ils ? Savent-ils manier des armes ? Ont-ils fait l'objet des poursuites de la part des Tyrans», demande aussitôt son interlocuteur.
Réponse prudente d'Abu Naji : «des frères, il y en a légion, mais je ne sais pas si tous veulent faire le jihad.» Une semaine plus tard, Redouane18 invite Abu Naji et son «frère de Bel Abbes» à rejoindre ses troupes sur place, pour une dizaine de jours, «afin de bénéficier auprès des frères d'une formation militaire et d'un entraînement dans les techniques de combat». Redouane18 précise : «A la suite de cela, vous retournerez dans le pays où vous résidez et vous attendrez les instructions.»
Partir s'entraîner
Redouane18 est clair : il n'attend aucune aide financière de la part de sa nouvelle recrue. «Nous ne sommes pas dans le besoin quand il s'agit de gérer nos activités», écrit-il à Abu Naji le 18 avril 2013. «Nous attendons de toi que tu mettes en place un réseau dont tu seras le dirigeant sous la bannière de l'Organisation», poursuit-il. La mission assignée à Abu Naji consistera, dans un premier temps, à «faire des repérages d'objectifs et à collecter des renseignements». Dans un deuxième temps, «il te sera nécessaire de venir nous rencontrer en vue de planifier ensemble le projet». Ali M. étant dans le collimateur des autorités algériennes, ses interlocuteurs lui suggèrent de passer par la Tunisie.
«Le plus important à retenir est que je vous annonce que, grâce à Dieu, je suis fin prêt et bien paré», écrit Abu Naji le 1er mai, déterminé à venir participer aux entraînements. Le 17 juin, il a son billet. «J'arriverai dans la capitale tunisienne le 22 juillet», se réjouit-il. Huit jours après ce message, il sera arrêté. «Seule l'interpellation d'Ali M. quelques semaines avant la date effective du déplacement a empêché son départ en Algérie», indique, sur PV, un officier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Un projet de loi en préparation
Le cas de cet extrémiste est loin d'être isolé. Si Aqmi reste pour l'heure la principale menace pour la France, le retour des combattants français partis rejoindre les groupes armés terroristes en Syrie inquiète les autorités. Selon la place Beauvau, 300 sont déjà partis en Syrie, 180 sont sur la route, une centaine aurait fait part de leur envie d'y aller. Enfin, plus d'une centaine de combattants sont sur le chemin du retour.
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présenté ce mercredi en conseil des ministres son projet de loi «renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme». Parmi les principales mesures: l'interdiction de sortie de territoire à un Français lorsqu'il y a des raisons de penser qu'il pourrait «porter atteinte à la sécurité publique lors de son retour».
Source : Le Parisien et rédaction
Sur le site extrémiste Shoumouk al-Islam, Ali M. s'appelait Abu Naji. Sous ce pseudo, à l'aide d'un logiciel de cryptage et sur une messagerie spécialement dédiée, cet Algérien de 29 ans, marié et père de deux enfants, a élaboré pendant un an des projets d'attentats en France avec l'un des plus hauts responsables d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), alias Redouane18.
Découverts à la suite de l'arrestation d'Ali M. il y a un an, ces messages ont été décryptés. Leur lecture fait froid dans le dos. Installé dans le Vaucluse où il travaillait dans une boucherie halal, Ali M., qui s'apprêtait à rejoindre un maquis dans le Sud algérien, serait-il passé à l'acte ?
Sélectionner des cibles
Le 1er avril 2013, Abu Naji est prié de faire parvenir «quelques suggestions relatives à
l'orientation à donner à l'activité du jihad à l'endroit où [il se] trouve». Dès le lendemain, dans un long mail, il s'exécute. «L'objectif qui mérite d'être visé s'avère la population française modeste et paupérisée», écrit-il. Ces futures victimes fréquentent les bars, les marchés, «certaines petites localités et les boîtes de nuit», poursuit-il. Soucieux de préserver les musulmans, Abu Naji suggère notamment d'éviter les centres commerciaux. Les patrouilles de police et de gendarmerie, en revanche, peuvent faire l'objet d'embuscades. De même les centrales d'électricité nucléaire ou encore «les avions au moment du décollage» peuvent être ciblés.Abu Naji évoque les monuments historiques et énumère, à ce titre, «la tour Eiffel et le musée du Louvre». Sans citer nommément le Festival d'Avignon, il parle des «manifestations culturelles qui ont lieu dans des villes du sud de la France au cours desquelles des milliers de chrétiens se rassemblent pendant un mois». «Les artères deviennent noires de monde et une simple grenade peut blesser des dizaines de personnes, détaille-t-il. Je vous laisse imaginer si c'est un engin piégé.»
Constituer un réseau dormant
Visiblement satisfait par la réponse d'Abu Naji, Redouane18 veut à présent tester ses capacités de recruteur. «Est-ce que tu peux disposer d'un contact avec des frères qui auraient eux-mêmes des contacts avec nos frères dans le grand Sud saharien ?» demande-t-il le 6 avril ? Dans un message daté du 18 avril, Abu Naji évoque un «frère de Bel Abbes» et plusieurs autres «désireux de rejoindre l'Organisation». «Combien sont-ils ? Où résident-ils ? Savent-ils manier des armes ? Ont-ils fait l'objet des poursuites de la part des Tyrans», demande aussitôt son interlocuteur.
Réponse prudente d'Abu Naji : «des frères, il y en a légion, mais je ne sais pas si tous veulent faire le jihad.» Une semaine plus tard, Redouane18 invite Abu Naji et son «frère de Bel Abbes» à rejoindre ses troupes sur place, pour une dizaine de jours, «afin de bénéficier auprès des frères d'une formation militaire et d'un entraînement dans les techniques de combat». Redouane18 précise : «A la suite de cela, vous retournerez dans le pays où vous résidez et vous attendrez les instructions.»
Partir s'entraîner
Redouane18 est clair : il n'attend aucune aide financière de la part de sa nouvelle recrue. «Nous ne sommes pas dans le besoin quand il s'agit de gérer nos activités», écrit-il à Abu Naji le 18 avril 2013. «Nous attendons de toi que tu mettes en place un réseau dont tu seras le dirigeant sous la bannière de l'Organisation», poursuit-il. La mission assignée à Abu Naji consistera, dans un premier temps, à «faire des repérages d'objectifs et à collecter des renseignements». Dans un deuxième temps, «il te sera nécessaire de venir nous rencontrer en vue de planifier ensemble le projet». Ali M. étant dans le collimateur des autorités algériennes, ses interlocuteurs lui suggèrent de passer par la Tunisie.
«Le plus important à retenir est que je vous annonce que, grâce à Dieu, je suis fin prêt et bien paré», écrit Abu Naji le 1er mai, déterminé à venir participer aux entraînements. Le 17 juin, il a son billet. «J'arriverai dans la capitale tunisienne le 22 juillet», se réjouit-il. Huit jours après ce message, il sera arrêté. «Seule l'interpellation d'Ali M. quelques semaines avant la date effective du déplacement a empêché son départ en Algérie», indique, sur PV, un officier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Un projet de loi en préparation
Le cas de cet extrémiste est loin d'être isolé. Si Aqmi reste pour l'heure la principale menace pour la France, le retour des combattants français partis rejoindre les groupes armés terroristes en Syrie inquiète les autorités. Selon la place Beauvau, 300 sont déjà partis en Syrie, 180 sont sur la route, une centaine aurait fait part de leur envie d'y aller. Enfin, plus d'une centaine de combattants sont sur le chemin du retour.
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présenté ce mercredi en conseil des ministres son projet de loi «renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme». Parmi les principales mesures: l'interdiction de sortie de territoire à un Français lorsqu'il y a des raisons de penser qu'il pourrait «porter atteinte à la sécurité publique lors de son retour».
Source : Le Parisien et rédaction
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