L’extrémiste français arrêté au Mali, inculpé et écroué en France
L’extrémiste français présumé, arrêté en novembre 2012 au Mali a été inculpé vendredi à Paris et placé en détention provisoire, a indiqué samedi une source judiciaire.
Soupçonné d’avoir tenté de rejoindre les groupes extrémistes opérant dans le nord du Mali, Ibrahim Aziz Ouattara, 25 ans, était arrivé à Bamako début novembre 2012 sous une fausse identité.
Ce Franco-Malien voyageait alors avec les papiers d’un certain Khalifa Dramé qui a également été inculpé et écroué vendredi, conformément aux réquisitions du Parquet. Tous deux sont poursuivis pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», selon la même source.
Leur situation est distincte de celui d’un Français qui a été fait prisonnier ces derniers jours par les troupes françaises engagés actuellement au Mali.
Originaire d’Aubervilliers dans la région parisienne, M. Ouattara était déjà connu de la justice française puisqu’au moment de son arrestation au Mali, il était sous le coup d’une mesure de contrôle judiciaire décidée dans une autre affaire antiterroriste, l’enquête sur des soupçons de projet d’attentat contre le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur.
Les juges instruisant ce dossier s’étaient notamment intéressés à ses nombreux séjours à l’étranger, au Yémen et au Pakistan en particulier où, déjà, il aurait tenté de rallier les zones de combat.
A l’automne 2010, il avait été interpellé en Egypte et renvoyé en France, où il avait été mis en examen et placé en détention provisoire.
Il avait été libéré sous contrôle judiciaire en juillet 2012, quelques mois avant d’être arrêté à Sévaré, dans le centre du Mali, par les autorités maliennes.
M. Ouattara a finalement été expulsé mardi par le Mali vers la France, et placé directement en garde à vue.
Plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes à Paris sur des individus projetant de rejoindre les groupes extrémistes implantés au Mali.
Début février, quatre hommes ont été inculpés et deux d’entre eux placés en détention provisoire dans une autre instruction sur une filière de fondamentalistes vers le Mali.
Mi-janvier, le juge antiterroriste Marc Trévidic avait affirmé qu’il y avait «10 à 15 Français ou résidents français» qui étaient partis dans le nord du Mali, mais qu’il était difficile d’en faire le décompte.
Source: Agences
