Iran: Téhéran cherche à instaurer une «dissuasion durable», dit Qalibaf
Par AlAhed avec agences
Le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a déclaré mercredi le 14 octobre que les États-Unis devaient être punis pour les atrocités commises à l’encontre de l’Iran, soulignant que Téhéran cherchait à instaurer une «dissuasion durable».
«Les États-Unis doivent être punis, changer de comportement et comprendre sans équivoque qu’ils doivent accepter les revendications légitimes de la nation iranienne», a-t-il dit.
Le chef du pouvoir législatif a affirmé que la stratégie de l’Iran ne consistait ni à s’engager dans une guerre sans fin ni à poursuivre des négociations perpétuelles, mais à conjuguer puissance militaire et diplomatie pour contraindre son ennemi à accepter ses revendications.
M. Qalibaf a indiqué que l’Iran devait combattre de toutes ses forces lorsque cela était nécessaire, renforcer son état de préparation et convertir ses victoires militaires en gains politiques.
Et de poursuivre: «Pour y parvenir, nous devons à la fois combattre et négocier. Cela signifie que, si nécessaire, nous devons nous battre de toutes nos forces, saisir chaque occasion de renforcer notre état de préparation, et chaque fois que nous remportons une victoire militaire sur le champ de bataille, la transformer en victoire politique, la consolider et en faire le témoignage de la défaite de l’ennemi».
«Sur le champ de bataille, devant Dieu, nous devons croire qu’il nous faut combattre avec courage notre ennemi, tout en engageant des négociations pour établir une dissuasion durable», a-t-il ajouté.
Le chef du pouvoir législatif a souligné que l’Iran cherchait à remplacer le cycle traditionnel «guerre, négociations et paix» par une nouvelle équation comprenant «guerre, négociations et dissuasion».
M. Qalibaf s’est interrogé sur la capacité d’un accord écrit comportant des engagements américains à empêcher Washington d’attaquer de nouveau l’Iran. «Certainement pas», a-t-il répondu.
Il a estimé que l’hostilité des États-Unis envers l’Iran était profondément enracinée, affirmant que l’hégémonie et la politique coercitive de Washington alimentaient ses ambitions. «Comme l’a dit le Leader martyr (l’imam sayyed Ali Khamenei), "ils sont venus pour dévorer l’Iran"».
Le président du Parlement a rappelé que l’Iran avait choisi de structurer en deux étapes le mémorandum d’entente conclu avec les États-Unis en juin, faute de confiance dans la volonté de Washington de respecter ses engagements.
Il a également souligné que c’était la supériorité stratégique acquise par la République islamique d'Iran sur le champ de bataille qui avait contraint les États-Unis à accepter les termes de cet accord.
Il a ajouté que la conclusion de cet accord avait également permis de dégager des opportunités et des ressources pour renforcer les forces armées iraniennes ainsi que le Hezbollah, mouvement de résistance libanais.
Par ailleurs, le responsable a salué l’amélioration de la puissance de feu, des capacités offensives et de la défense aérienne de l’Iran lors de la période située entre les récents cycles d’agressions non provoquées des États-Unis et de l’entité «israélienne» contre la République islamique d’Iran.
«Des dégâts infligés aux drones américains aux dommages matériels subis par les F-35 américains, vous avez pu en constater les effets», a-t-il déclaré, citant quelques exemples des pertes essuyées par les États-Unis lors de la deuxième phase de l’agression, qui s’est déroulée du 28 février au 7 avril.
Il a également cité plusieurs autres piliers de la dissuasion face aux ennemis, notamment le contrôle iranien du détroit d’Ormuz, l’unité nationale, la résilience économique et sociale, une vision claire de l’avenir du pays et les capacités de l'Axe de la Résistance.
M. Qalibaf a cité l’expérience de la résistance acharnée de l’Iran lors de la guerre de huit ans imposée par l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein comme une preuve manifeste de l’importance de la dissuasion.
«Voilà ce que signifie la dissuasion: personne ne doit oser nous attaquer. Quiconque nourrit cette idée insensée devrait tirer les leçons de l'histoire et comprendre qu’il ne peut s'en prendre à l’Iran», a concu le chef du pouvoir législatif iranien.
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