Trump annonce un «cessez-le-feu énergétique» entre l’Ukraine et la Russie: les réactions affluent
Par AlAhed avec agences
Donald Trump a semé la confusion dimanche en annonçant un «cessez-le-feu énergétique» entre l'Ukraine et la Russie, provoquant l'étonnement de Kiev, le silence à Moscou, tandis que Londres, Paris et Ottawa affirmaient soutenir cet «appel» du président américain.
Aussitôt l'annonce de ce «cessez-le-feu énergétique», qui selon le dirigeant républicain prenait effet immédiatement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que les frappes russes contre les infrastructures ukrainiennes se poursuivaient.
«À compter de maintenant, il y a un CESSEZ-LE-FEU ÉNERGÉTIQUE dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Les deux parties se sont mises d'accord. Ne le rompez pas!», a écrit le milliardaire républicain sur sa plateforme Truth Social, sans plus de détails.
Le président ukrainien, apparemment pris de court, a dit au média américain Axios n'avoir pas connaissance d'un tel accord, tandis que Moscou ne s'est pour l'heure pas exprimé. Il s'est cependant dit prêt à l'accepter si la Russie faisait de même.
«Nous attendons des détails clairs sur le dialogue entre les États-Unis et la Russie. Et que (le président russe Vladimir) Poutine fasse ce que le président Trump a dit», a-t-il affirmé dans son allocution quotidienne.
Selon Zelensky, les frappes russes ont continué dimanche «avec la même intensité» malgré l'annonce de Donald Trump.
«Les Russes ont frappé une centrale électrique à Kiev» et «plus tard, il y a eu des frappes sur des installations énergétiques dans la région de Kharkiv. Et tout ça s'est produit APRÈS que le président américain a fait sa déclaration», a-t-il affirmé dans la soirée.
Le président français Emmanuel Macron a affirmé que la France soutenait «sans réserve l'appel à une vraie trêve énergétique, à laquelle l'Ukraine est disposée». Mais, «à ce stade, la Russie continue de la refuser en intensifiant ces dernières heures encore ses frappes contre les infrastructures ukrainiennes», a-t-il noté.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a quant à lui affirmé que son pays soutenait «l'appel» de Donald Trump pour «une trêve énergétique durable sans délai».
Le Premier ministre canadien Mark Carney a fait de même après s'être entretenu dimanche avec le président américain.
Des coupures de courant de grande ampleur ont touché plusieurs quartiers de la capitale ukrainienne dimanche et des restrictions d'électricité seront en place dans plusieurs régions du pays lundi à cause des attaques russes sur les installations électriques, a annoncé l'opérateur national, Ukrenergo.
Trump «suggère» aux Ukrainiens de remplacer Zelensky
Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont attiré la colère du président Trump, alors que Washington et Moscou ont annoncé un accord surprise d'achat de diesel russe.
A la suite du bond des prix du carburant aux États-Unis depuis le déclenchement en février par les États-Unis et «Israël» de la guerre contre l'Iran, cet accord est vu comme un moyen de soulager en partie les consommateurs américains juste avant des élections législatives cruciales et difficiles pour le milliardaire américain.
Des élus démocrates et républicains ont toutefois mis en cause la légalité de l'accord qui, selon eux, contrevient à une loi du Congrès américain datant d'avril 2022 et qui interdit l'importation d'énergie russe.
Samedi, Donald Trump était allé jusqu'à «suggérer» aux Ukrainiens de se doter «d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord» de paix avec Moscou.
«Avec tout le respect vis-à-vis du président Trump, c'est à notre société, à notre peuple, qu'il revient de choisir tel ou tel dirigeant», a répondu Zelensky dans une interview diffusée dimanche sur la chaîne ABC.
Cette nouvelle salve acerbe du président Trump envers le président ukrainien rappelle la rencontre explosive entre les deux hommes à la Maison Blanche en février 2025.
Donald Trump avait ensuite réclamé, comme le fait Moscou, des élections en Ukraine, impossibles en l'état alors que la loi martiale est en vigueur depuis le début de l'opération militaire russe de grande ampleur déclenchée en février 2022.
Le président Zelensky a affirmé à plusieurs reprises que l'Ukraine pourrait organiser des élections en cas de cessez-le-feu de longue durée avec Moscou.
«Dites à (Vladimir) Poutine de nous accorder deux mois, soixante jours de cessez-le-feu total, soixante jours, et nous organiserons les élections», a-t-il affirmé à la chaîne ABC.
La Russie a rejeté à plusieurs reprises cette idée, arguant, entre autres, qu'une longue pause permettrait à l'armée ukrainienne de se renforcer.
Pressions au Congrès sur Trump pour qu'il renonce à la «transaction de diesel»
Aux États-Unis, des membres du Sénat américain des partis républicain et démocrate ont appelé dimanche le président Donald Trump à «renoncer» à la transaction de fourniture de diesel conclue avec la Russie, affirmant qu'elle contredisait la loi américaine qui interdit l'importation d'énergie russe tant que Moscou ne met pas fin à sa guerre contre l'Ukraine.
Selon ce qu'a rapporté l'agence Reuters, sept membres du Sénat, dont quatre républicains appartenant au parti de Trump et trois démocrates, ont déclaré dans un communiqué: «Le Congrès a explicitement interdit l'importation d'énergie russe en 2022 pour empêcher l'utilisation du dollar américain dans le financement de la guerre brutale menée par (le président russe Vladimir) Poutine contre l'Ukraine».
Ils ont ajouté que l'administration n'avait pas consulté le Congrès ni fourni d'explication pour sa décision, ce qui est également prévu par la loi.
Et de poursuivre: «Les États-Unis ne devraient pas fournir à Poutine une bouée de sauvetage financière alors que la Russie continue de tuer des civils ukrainiens. L'administration doit rediriger immédiatement sa démarche».
C'est la dernière critique des deux partis concernant la transaction de Trump, dans un revirement par rapport au soutien quasi unanime dont sa décision a bénéficié en matière de politique étrangère de la part des républicains, à quelques semaines des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre, qui détermineront si les républicains conserveront le contrôle du Congrès.
Le communiqué a été émis par les sénateurs républicains Susan Collins du Maine, Lisa Murkowski de l'Alaska, Thom Tillis de Caroline du Nord, et John Curtis de l'Utah, ainsi que par les démocrates Jeanne Shaheen du New Hampshire, Richard Blumenthal du Connecticut, et Ron Wyden de l'Oregon.
Tillis a déclaré plus tôt que l'accord du président Donald Trump avec la Russie concernant le diesel pourrait être illégal et mettrait en danger la vie des Américains.
Trump a mentionné que la Russie avait accepté de fournir des cargaisons de diesel sur les marchés mondiaux et que son administration avait temporairement levé les sanctions américaines imposées sur le combustible russe, qui visaient à priver Moscou des revenus nécessaires pour financer sa guerre contre l'Ukraine.
Tillis, dont le mandat au Sénat se termine en janvier prochain, a déclaré dans l'émission «Meet the Press» sur NBC: «Je pense qu'il y a des raisons valables de dire que le président ne respecte pas la loi».
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bisent, a déclaré dimanche sur Fox News que l'administration Trump mettrait en œuvre l'accord de diesel avec la Russie en utilisant les autorités légales qui lui sont disponibles, ajoutant que l'accord annoncé par Trump vendredi était dans l'intérêt du peuple américain et conduirait à une baisse des prix.
«Nous allons l'exécuter (l'accord) en utilisant tous les pouvoirs légaux qui nous sont disponibles. Donc, quiconque au Congrès dit qu'il y a un projet de loi ancien ou le projet de loi actuel de Lindsey Graham qui nous empêche de le faire, a tort», a conclu Bisent.
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