Gaza: Le nombre de bâtiments détruits a augmenté de 9 % depuis le cessez-le-feu
Par AlAhed avec site sweb
De nouvelles images satellitaires intégrées à Google Maps révèlent l’ampleur des destructions dans la bande de Gaza et la gravité persistante de la crise humanitaire, près d’un an après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu d’octobre 2025, rapporte le quotidien britannique The Guardian.
Les images, prises en juin 2026, montrent que les destructions se sont poursuivies après l’instauration du cessez-le-feu, touchant des habitations, des commerces, des lieux de culte et des infrastructures. Elles montrent également l’ampleur des déplacements de population et la multiplication des campements de fortune.
Sur le littoral, d’immenses camps de tentes s’étendent désormais sur de larges portions du rivage, parfois à quelques mètres seulement de la mer. Le principal port de Gaza, autrefois animé par l’activité des bateaux de pêche, apparaît fortement endommagé et déserté, tandis que des abris de fortune occupent les espaces disponibles.
Dans le nord de la bande de Gaza, les images montrent d’importantes destructions à Beit Lahia et Beit Hanoun. À Gaza-ville, des quartiers comme Jabaliya et Choujaïya, qui ont été visés à plusieurs reprises au cours de la guerre, apparaissent désormais largement inhabitables. Dans le sud, d’immenses étendues de gravats sont visibles, notamment à Rafah et Tel al-Sultan, où les destructions apparaissent particulièrement importantes.
82 % des structures endommagées
Selon la dernière évaluation satellitaire de l’UNOSAT, arrêtée au 16 juin 2026, quelque 201 290 structures, soit environ 82 % de l’ensemble des structures de Gaza, avaient subi des dommages.
Parmi elles, 134 422 structures étaient classées comme détruites, 13 848 comme gravement endommagées, 28 096 comme modérément endommagées et 24 924 comme potentiellement endommagées. Le nombre de structures détruites avait augmenté de 9 % par rapport à l’évaluation précédente du 11 octobre 2025.
The Guardian, citant l’UNRWA, fait état d’environ 200 000 bâtiments endommagés, dont près des deux tiers détruits, tandis que plus de 2,1 millions de personnes déplacées vivent dans des tentes ou des abris temporaires.
61 millions de tonnes de gravats
Au-delà des destructions visibles, l’ampleur des décombres constitue l’un des principaux défis humanitaires et de reconstruction.
Selon Jaco Cilliers, représentant spécial du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Palestine, cité par The Guardian, la quantité totale de gravats à Gaza est estimée à 61 millions de tonnes. Ce volume représenterait environ 20 fois la quantité de débris générée par l’ensemble des guerres dans le monde au cours des 18 dernières années, selon son estimation.
L’ONU avait déjà estimé en octobre 2025, sur la base d’images satellitaires recueillies en juillet, que les destructions avaient généré plus de 61 millions de tonnes de gravats, tout en soulignant que cette estimation ne prenait pas en compte les opérations militaires menées à Gaza-ville en août et septembre 2025.
La présence de dépouilles sous les décombres constitue également, selon le responsable du PNUD cité par le Guardian, l’un des problèmes humanitaires les plus urgents. Le déblaiement est en outre compliqué par la présence de munitions non explosées et de matériaux dangereux.
Des immeubles fragilisés continuent de s’effondrer
L’ampleur des destructions continue également de mettre en danger les populations déplacées qui vivent à proximité ou dans des bâtiments endommagés.
Le 16 septembre, un immeuble résidentiel de six étages déjà touché par les frappes s’est effondré dans le secteur de Tal al-Hawa, à Gaza-ville, faisant 21 morts, selon la Défense civile palestinienne citée par l’ONU. Parmi les victimes figuraient plusieurs enfants.
La situation est aggravée par les difficultés d’accès aux équipements nécessaires au déblaiement et à la remise en état des infrastructures. L’ONU souligne que l’élimination des gravats nécessite notamment des engins lourds, des pièces de rechange et un approvisionnement régulier en carburant.
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