Modification du bilan du Pentagone sur les pertes humaines liées à la guerre en Iran
Par AlAhed avec AP
Le Pentagone a reclassé quatre soldats américains tués en Iran dans une nouvelle catégorie administrative, masquant une escalade brutale de la guerre. En 18 jours de combats renouvelés, l’armée américaine a enregistré autant de blessés que durant les 148 premiers jours d’opérations, révélant une intensification tactique majeure au Moyen-Orient.
Les quatre soldats américains tués lors de la reprise des combats entre les États-Unis et l’Iran ces dernières semaines ne figurent plus dans le bilan officiel des victimes de la guerre contre l’Iran établi par le Pentagone, mais ont été classés dans une nouvelle catégorie distincte.
Cela soulève des questions quant à la manière de comptabiliser correctement l’impact sur les militaires américains, alors que l’administration Trump a intensifié ses frappes contre l’Iran dans le but de rouvrir le détroit d’Ormuz, tout en ne donnant que peu d’indications sur la manière dont elle entend mettre fin à un conflit impopulaire auprès de nombreux Américains.
Le «Defense Casualty Analysis System» (système d’analyse des pertes de la Défense), que les responsables du Pentagone ont maintes fois présenté comme la source faisant autorité concernant le nombre de morts et de blessés de la guerre, a retiré la semaine dernière les quatre soldats tombés au combat ainsi que des dizaines de blessés de son décompte des pertes de la guerre en Iran.
Dimanche, une nouvelle catégorie intitulée «Opérations à l’étranger» est apparue sur le site web du système, répertoriant les noms des quatre soldats de l’armée tués ainsi que 207 blessés. Il n’était pas possible de déterminer si tous les blessés l’avaient été lors de la guerre contre l’Iran.
Le Pentagone a qualifié les modifications antérieures apportées au système de «perturbations des données»
Le porte-parole du Pentagone, Joel Valdez, a affirmé jeudi que la baisse des chiffres des pertes dans le système en ligne ne visait pas à dissimuler le bilan humain croissant de la guerre, mais résultait plutôt d’«anomalies» et de «perturbations temporaires des données» qui seraient résolues «d’ici peu».
Mardi encore, le site internet faisait état d’un bilan officiel de la guerre s’élevant à 18 morts et 482 blessés.
Ces chiffres semblaient indiquer que quatre soldats avaient été tués depuis la reprise des combats, malgré la signature d’un accord de cessez-le-feu provisoire le mois dernier : trois sur une base en Jordanie frappée le 17 juillet par des missiles balistiques et des drones iraniens, et un en Irak le lendemain lors de la destruction contrôlée d’un drone iranien.
Pour ajouter à la confusion, lorsque le Pentagone a annoncé deux des décès survenus en Jordanie, il a précisé que les soldats apportaient leur soutien à la mission américaine de lutte contre le groupe terroriste «Daech». Les deux autres décès ont été annoncés dans des communiqués de presse comme étant simplement liés à des opérations de soutien à l’étranger.
Le président Donald Trump a confirmé ce bilan, écrivant mardi dans un message publié sur Truth Social que le «conflit militaire avec l’Iran» avait fait 18 morts.
La nouvelle catégorie «Opérations à l’étranger» du système du Pentagone indique qu’elle recense les victimes à compter du 7 juillet.
Depuis la reprise des hostilités, le Pentagone a fourni encore moins d’informations sur la stratégie militaire et les pertes qu’il ne l’avait fait lors de la première phase de la guerre.
Le Pentagone n’a pas tenu de point presse sur la guerre depuis début mai, et les responsables du Commandement central américain ont cessé de communiquer des mises à jour sur les pertes aux journalistes.
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