
Guerre civile en Birmanie: Plus de 100 000 morts en cinq ans, selon une ONG
Par AlAhed avec agencies
En Birmanie, plus de 100 000 personnes ont été tuées, tous camps confondus, depuis le début de la guerre civile qui a suivi le coup d’Etat militaire de 2021, a affirmé mercredi 1er juillet une organisation spécialisée dans le suivi des conflits armés.
L’armée a mis fin, il y a cinq ans, à une décennie d’expérience démocratique dans ce pays d’Asie du Sud-Est, renversant le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi et arrêtant la lauréate du prix Nobel de la paix. Des manifestations ont alors été réprimées par les forces de sécurité, mais des militants prodémocratie ont quitté les villes pour combattre la junte aux côtés de mouvements armés issus de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central.
Selon les dernières données de l’ONG américaine Acled (Armed Conflict Location and Event Data), qui répertorie les événements rapportés par les médias, les affrontements ont fait 100 114 morts au total. Il n’existe pas de bilan officiel et les estimations varient largement, mais les analystes considèrent ce conflit comme le plus meurtrier se déroulant actuellement en Asie.
Le chef des putschistes, le général Min Aung Hlaing, est récemment devenu président à l’issue d’un processus électoral qualifié à l’étranger de «manœuvre» pour prolonger le régime militaire sous une apparence de pouvoir civil.
Selon l’ONU, plus de 3,7 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et plus d’une personne sur cinq se trouve en situation d’insécurité alimentaire. La plus grande ville, Rangoun, connaît une relative normalité, mais la violence peut y prendre la forme d’assassinats sporadiques.
L’Acled a recensé plus de 1 200 groupes armés distincts dans cette guerre civile, la qualifiant de «conflit le plus fragmenté du monde». «Le conflit s’est propagé dans tout le pays», a commenté Sun Mon Thant, analyste de l’Acled. «Nous assistons à davantage de massacres. L’armée a pris pour cible des écoles, des cliniques, des prisons…»
La guerre a indirectement touché les pays voisins, où ont fui de nombreux réfugiés, accueillis dans des camps en Thaïlande et au Bangladesh.