
Femme abattue par la police de l’immigration: Des manifestations secouent les États-Unis
Par AlAhed avec sites web
Après qu’une femme a été tuée lors d’une opération de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), des mobilisations ont éclaté à travers les États-Unis et dans plusieurs grandes villes américaines, de Los Angeles à New York, en passant par Seattle et Minneapolis. Les manifestants ont exigé justice pour Renee Nicole Macklin Good, dénonçant l’aggravation des violences anti-immigration, et ce, alors que l’administration américaine a publiquement défendu la répression menée par des agents fédéraux, le qualifiant de « légitime défense».
Mercredi 7 janvier, Minneapolis a été le théâtre de veillées et de manifestations réunissant des milliers de personnes, pour condamner la mort de Macklin Good et s’opposer à l’expansion des opérations de répression menées par l’ICE.
Renee Nicole Macklin Good, 37 ans, a été abattue lors d’une opération de l’ICE à Minneapolis, dans le cadre de la répression à l’échelle nationale des immigrés, qui s’est intensifiée sous l’administration du président Donald Trump.
Originaire du Colorado, elle avait récemment déménagé à Minneapolis et n’avait jamais été inculpée pour quoi que ce soit en lien avec les forces de l’ordre, hormis une contravention pour infraction au Code de la route.
Mercredi, plusieurs arrestations ont été effectuées devant un lycée par des agents fédéraux, ce qui a conduit à l’annulation des cours dans les écoles publiques par «mesure de sécurité».
Le rassemblement a débuté près du lieu de la fusillade, à environ un 1500 mètres de l’endroit où George Floyd a été assassiné en 2020, des manifestants exigeant l’arrêt des activités de l’ICE.
Ces manifestations se sont intensifiées dans cette grande ville du nord des États-Unis et sa banlieue, impliquant environ 2 000 policiers.
Ils ont scandé «Arrêtez l’ICE!» et ont réclamé l’arrestation de l’agent responsable de la mort de Macklin Good.
Ainsi, d’autres grandes villes américaines, notamment New York, La Nouvelle-Orléans, Miami, Seattle, ont été le théâtre de manifestations anti-racisme.
À Los Angeles, des manifestants se sont rassemblés à Placita Olvera pour réclamer la fin des rafles d’immigrants qui ont semé la terreur dans les communautés américaines.
«Légitime défense»
Dans un communiqué publié sur X, le département de la Sécurité intérieure (DHS) a prétendu que la femme aurait tenté de renverser l’agent dans «l’intention de le tuer», ce qui a été décrit par la suite comme un «acte de terrorisme», bien que cette description ait été remise en question au regard des preuves vidéo disponibles.
Par ailleurs, le vice-président américain, JD Vance, a imputé la responsabilité de l’incident à la victime et a écrit sur X: «Une tragédie qu’elle a provoquée elle-même».
Il a défendu l’acte de l’agent de l’ICE de tirer sur la victime, le qualifiant de «légitime défense».
S’adressant aux agents de l’ICE, Vance a écrit que l’administration américaine et le président Trump en personne les soutenaient pleinement, et a ajouté que l’administration de Trump redoublerait ses mesures pour faire les citoyens «respecter la loi».
L’administration américaine a tenté de présenter Macklin Good comme une militante pro-immigration radicale et terroriste intérieure, ce que son ex-mari a vivement nié, affirmant qu’elle n’était pas une militante et qu’il ne l’avait jamais vue participer à une manifestation quelconque.
Les répressions menées de l’ICE ont débuté à Los Angeles en juin, à la suite de la qualification par l’administration Trump des manifestants de la ville d’émeutiers.
Elles se sont ensuite étendues à Washington, Chicago, Memphis, Portland, Charlotte et d’autres grandes villes américaines.
Les manifestants auraient résisté aux agents fédéraux, ce qui a incité Trump à envoyer des milliers de soldats de la Garde nationale en renfort de l’ICE.
Entre-temps, des témoins oculaires présents sur les lieux ont affirmé aux médias que Macklin Good ne représentait aucune menace réelle pour les agents de l’ICE qui l’ont tuée, lui tirant à bout portant une balle en plein visage à travers le pare-brise, et ne permettant pas aux secouristes de la soigner après l’incident.
Une voisine de Macklin Good a déclaré à CNN qu’elle était chez elle lorsqu’elle a entendu les agents de l’ICE à l’extérieur.
Elle a expliqué avoir entendu les agents crier sur Macklin Good, qui conduisait un SUV, puis l’un d’eux a tenté d’ouvrir la portière.
La conductrice a alors fait marche arrière et a commencé à s’éloigner.
«Un agent de l’ICE s’est placé devant son véhicule et a crié: “Arrêtez !” et puis — elle était déjà en mouvement — il lui a tiré dessus à bout portant, à travers son pare-brise, en plein visage», a-t-elle déclaré à la chaîne d’information américaine.
Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a qualifié de mensonges les récits de l’incident présentés par l’administration Trump.
«Ne croyez pas à cette machine de propagande», a-t-il écrit en réponse à une publication du DHS concernant la fusillade.
«L’État veillera à ce qu’une enquête complète, équitable et rapide soit menée afin de garantir la responsabilité et la justice», a-t-il ajouté.
De hauts responsables démocrates, dont l’ancienne vice-présidente Kamala Harris et le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, ont également publié des déclarations.
Harris a qualifié la version des faits présentée par l’administration Trump de «manipulation».
Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a déclaré avoir visionné des vidéos de la fusillade qui démontrent qu’il ne s’agissait pas de légitime défense et que cela aurait pu être évité.
Frey a fustigé le déploiement fédéral de plus de 2 000 agents dans les villes jumelles de Minneapolis et Saint Paul. «Ils déchirent des familles. Ils sèment le chaos dans nos rues et, dans ce cas précis, ils tuent littéralement des gens.»
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