Incendie de Hong Kong: au moins 128 morts, le système d’alarme des tours mis en cause
Par AlAhed avec AFP
L'administration de Hong Kong (Chine) a observé trois minutes de silence samedi matin 29 novembre pour les victimes du terrible incendie qui a fait au moins 128 morts dans la ville.
La morosité régnait samedi 29 novembre sur Hong Kong où les premiers hommages et veillées funéraires ont débuté à la suite de l'immense incendie d'un complexe immobilier qui a fait au moins 128 morts et des dizaines de disparus.
Le chef de l'exécutif de la ville John Lee, des ministres et plusieurs dizaines de hauts fonctionnaires ont observé trois minutes de silence devant les locaux de l'administration, où les drapeaux étaient en berne.
Deux jours après le feu, qui a ravagé un complexe résidentiel de gratte-ciels à Hong Kong, les familles des disparus continuaient vendredi 28 novembre à écumer les hôpitaux avec l'espoir que les leurs ne fassent pas partie des victimes.
Le combat contre les flammes s'est achevé vendredi matin 28 novembre dans les huit immeubles de 31 étages du complexe de Wang Fuk Court. Mais, le bilan risque encore de s'aggraver.
Le chef de la sécurité du territoire, Chris Tang, a fourni vendredi 28 novembre un bilan de 128 morts, dont 89 toujours non-identifiés, plus d'une centaine de personnes portées disparues et 79 blessés.
«Nous n'excluons pas la possibilité que la police trouve d'autres corps calcinés quand elle entrera (dans les bâtiments) pour recueillir des preuves», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.
C'est déjà l'incendie d'immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l'exclusion de feux survenus dans des nightclubs, des prisons ou des centres commerciaux, d'après des recherches dans la base de données des catastrophes de l'Université de Louvain (Belgique).
Les causes initiales de ce qui est aussi le plus grave incendie à Hong Kong depuis 1948 ne sont toujours pas connues. L'enquête est en cours et pourrait prendre trois ou quatre semaines, selon M. Tang.
Bambou et matériaux inflammables
Une commission de Hong Kong a annoncé vendredi soir 28 novembre l'arrestation de huit personnes pour des faits présumés de corruption sur le marché de rénovation de l'ensemble d'environ 2.000 logements inauguré en 1983 dans le quartier de Tai Po, dans le Nord de Hong Kong.
Il s'agit de sept hommes et d'une femme, âgés de 40 à 63 ans, parmi lesquels deux responsables du Bureau d'études en charge de la rénovation, deux chefs de travaux, trois sous-traitants en échafaudages et un intermédiaire.
La police avait déjà annoncé avoir arrêté trois hommes, soupçonnés de «grossière négligence», après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux et qui ont permis au feu de «se propager rapidement».
M. Tang a confirmé que, selon les constatations préliminaires, la propagation du feu, déclenché depuis les parties basses des filets du chantier protégeant contre la poussière et les chutes d'objets, aurait été favorisée par l'emploi, commun à Hong Kong, de bambou pour les échafaudages et de matériaux inflammables comme des panneaux de mousse protégeant les fenêtres.
À ses côtés, le chef des pompiers de Hong Kong, Andy Yeung, a confirmé les défaillances des dispositifs de sécurité.
Les pompiers ont dépêché sur place une équipe de spécialistes après de nombreux témoignages selon lesquels les alarmes n'avaient pas sonné.
Le drame a causé un choc dans le territoire à statut spécial de la Chine, et rappelé sa vulnérabilité.
Hong Kong, qui compte 7,5 millions d'habitants, affiche une densité moyenne de plus de 7.100 habitants au kilomètre carré. Un chiffre jusqu'à trois fois supérieur dans les zones les plus urbanisées.
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