Yémen: l’ONU dénonce une situation sécuritaire et humanitaire catastrophique
L'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, a déclaré lundi devant le Conseil de sécurité que la situation actuelle dans ce pays était contraire aux engagements pris par les parties auprès des Nations Unies.

Dans un exposé devant les membres du Conseil, Ould Cheikh Ahmed a estimé que la situation sécuritaire était catastrophique et que la situation humanitaire continuait de se détériorer malgré les efforts des agences humanitaires.
L'Envoyé spécial a prévu de retourner dans la région immédiatement pour entamer des consultations avec les parties, à la fois à Sanaa, au Yémen, et à Riyad, en Arabie saoudite, dans le but de parvenir à un accord détaillé sur la base de la «Feuille de route». Il est maintenant de la responsabilité des délégations de faire de la paix la priorité, a-t-il ajouté.
Selon Ould Cheikh Ahmed, «Il est temps pour les parties de comprendre qu'il ne peut pas y avoir de paix sans concessions ni de sécurité sans un accord».
Il a reconnu «avoir été informé, de manière officieuse, que les parties avaient rejeté la feuille de route» mais s'est prévalu d'un «large soutien de la communauté internationale» à ses propositions.
Celles-ci, a-t-il précisé, incluent «la création de comités militaires et de sécurité qui superviseraient les retraits et le dépôt des armes à Sanaa, Hodeidah et Taez», ainsi que «des arrangements politiques intérimaires», notamment la nomination d'un nouveau vice-président et la formation d'un «gouvernement d'union nationale» menant finalement à des élections.
Cette feuille de route est, selon le médiateur, «conforme à la résolution 2216 de 2015», ce que conteste le gouvernement yéménite sortant.
De son côté, le chef de l'humanitaire de l'ONU, Stephen O'Brien, a réclamé une nouvelle fois une solution politique au Yémen, à commencer par une cessation immédiate des hostilités.
«Chaque jour que cette guerre continue, ce sont les civils qui souffrent», a déclaré O'Brien lors devant les membres du Conseil de sécurité.
Il a rappelé que 80% des Yéménites, soit 21,2 millions de personnes, ont besoin d'une forme d'aide humanitaire. «Les acteurs humanitaires sont invités à remplir le vide laissé par l'absence du pouvoir politique, mais cela ne constitue pas une solution viable», a-t-il ajouté.
«Depuis l'effondrement de la cessation des hostilités en août, les Yéménites à travers le pays, dans les zones contrôlées par les différentes factions en guerre ou pas, ont subi des attaques quasi-quotidiennes contre les civils, les institutions civiles et les infrastructures publiques», a-t-il encore dit.
Selon O'Brien, l'effondrement du pays aurait des conséquences dangereuses non seulement pour le peuple yéménite, mais pour toute la région.
Source : sites web et rédaction
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