
Attentat de Nice: un scénario connu du renseignement français depuis 2014
La section antiterroriste du parquet de Paris est saisie de l'enquête sur l'attaque au poids lourd de Nice dont les motivations ne sont pas encore connues. Mais ce scénario n’est pas utilisé pour la première fois en France.

Le mode opératoire de cette attaque, qui a fait 84 morts jeudi 14 juillet au soir, semble porter la signature de «Daech».
Terroriser le plus grand nombre peu importe les moyens utilisés. Dans un message audio diffusé par «Al Furqan» le 14 juin, le principal média de «Daech», le porte-parole officiel de l'organisation, le syrien Abou Mohammed Al-Adnani avait exhorté ceux qu'il nomme les «soldats du califat» à attaquer des cibles par tous les moyens : «Levez-vous, monothéistes, et défendez votre Etat à partir de votre lieu de résidence, où qu'il soit».
«Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle. Débrouillez-vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture...», lançait-il.
Comme le rappelle «20 Minutes», l'organisation terroriste avait déjà appelé ses partisans - dans son magazine de propagande «Inspire» - à mener des attaques en utilisant un camion :
«Utiliser un camion comme une tondeuse à gazon. Allez dans les endroits les plus densément peuplés et prenez le maximum de vitesse pour faire le plus de dégâts. Si vous avez accès à une arme à feu, utilisez-la pour finir le travail».
Il y a un mois, le 13 juin, Larossi Abballa avait utilisé un simple couteau pour tuer un policier et sa femme à leur domicile près de Paris avant de diffuser le crime en direct sur les réseaux sociaux. L'attaque avait été revendiquée par «Daech».
Des véhicules utilisés comme armes
En mai 2013, deux Londoniens d'origine nigériane avaient renversé en voiture le jeune soldat Lee Rigby à Londres avant de le larder de coups de couteau.
Quelques mois plus tard, en octobre 2014, un Canadien de 25 ans récemment converti aux thèses extrémistes avait foncé au volant de sa voiture sur trois militaires, en tuant un et en blessant un autre, au bord d'une route dans la banlieue de Montréal. Cerné par la police au terme d'une course-poursuite, l'assaillant s'était extirpé de son véhicule, couteau en main, avant d'être abattu. En rupture familiale, le jeune homme voulait rejoindre la Syrie.
Un scénario connu du renseignement français depuis 2014
Ce n’est pas la première attaque à la voiture-bélier en France. En 2014, une voiture puis une camionnette avaient volontairement percuté des promeneurs à Dijon et sur le marché de Noël de Nantes, les 21 et 22 décembre, faisant au total une vingtaine de blessés. Dans les deux cas, la piste terroriste avait été rapidement écartée, la justice avait évoqué un «cas isolé» pour Nantes et la «pathologie psychiatrique ancienne et lourde» du chauffeur de Dijon.
Entendu début mai par la commission de la Défense nationale de l'Assemblée nationale, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, s'était inquiété d'«une nouvelle forme d'attaque» terroriste «dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d'action étant multiplié pour créer un climat de panique».
Les services de renseignement ont échoué, encore une fois
Il semble que la vague des menaces terroristes se poursuit en France, attirant l’attention sur le travail des forces de l’ordre ainsi que des services de renseignement. Seulement neuf jours avant cette attaque à Nice, le 5 juillet, le président de la commission d’enquête sur «les moyens mis en œuvre par l’Etat pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015», Georges Fenech avait présenté ses conclusions sur les «failles» existantes dans le renseignement français, failles qui auraient empêché de déjouer les attentats du 13 novembre 2015.
Source: sites web et rédaction
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