
Retour de scènes d’émeutes à Marseille, 35 blessés
La ville de Marseille qui accueillait ce samedi 11 juin le match entre l'Angleterre et la Russie au Stade Vélodrome a été le théâtre de scènes d'émeutes ultraviolentes. Près de 35 supporters ont été blessés, la police a procédé à 6 interpellations.

L'UEFA, qui gère le tournoi, a haussé le ton dimanche 12 juin, après les rixes entre supporters russes et anglais au stade et à Marseille samedi: la Russie, hôte du Mondial-2018, et l'Angleterre seront disqualifiées de l'Euro-2016 en cas de nouvelles violences.
Des violences ont éclaté samedi 11 juin dans l'après-midi sur le Vieux-Port de la ville entre des supporters en majorité britanniques, mais aussi des Russes et des Français et se sont poursuivies jusque tard dans la nuit.
Vers 17h30, soit plus de trois heures avant le match Angleterre-Russie, un supporter anglais a reçu «des coups de barre de fer, vraisemblablement à la tête», selon une source policière. Un CRS a tenté de le ranimer sur place avant qu'il ne soit évacué vers l'hôpital. Son pronostic vital est engagé, selon le préfet de police Laurent Nunez.
Trois autres personnes sont considérées comme «grièvement blessées» par la préfecture de région, sans que leur pronostic vital ne soit engagé.
Des violences en dehors et dans le Stade Vélodrome
Vers 00h30, de nouveaux incidents ont éclaté sur le Vieux-Port, où avaient convergé jeunes marseillais, supporters anglais et quelques supporters russes, à l'issue du match qui s'est conclu sur un nul (1-1). Les CRS ont à plusieurs reprises tiré des grenades lacrymogènes, notamment pour permettre la fermeture des derniers bars, puis autour de la Canebière, où des jeunes se livraient à des courses avec la police.
Au terme de la journée, le bilan était de six interpellations, selon le préfet. Près de 1 200 policiers étaient mobilisés. L'intérieur du Vélodrome n'a pas été épargné par les scènes de violence: à la fin d'Angleterre-Russie, des échauffourées ont éclaté entre les supporters des deux camps, après une charge des Russes contre les Anglais.
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré dans un communiqué que ce risque «était pleinement pris en compte» par ses services, «au même titre que les autres menaces, terroristes notamment». L'UEFA, instance suprême du foot européen qui gère l'Euro 2016, a «fermement condamné» les «actes de violences» à Marseille, perpétrés par des «gens qui n'ont rien à faire dans le football». Lors de précédents Euros, l'UEFA avait menacé de sanctionner l'Angleterre (2000) et la Russie (2012) après des violences impliquant leurs supporters.
Le ministre russe des Sports blâme des «mauvais comportements»
Le ministre russe des Sports Vitali Moutko a également dénoncé ce 12 juin à l'agence russe R-Sport, le «mauvais comportement» des supporteurs russes à la fin de la rencontre entre la Russie et l'Angleterre samedi à Marseille (1-1), redoutant une amende de l'UEFA. «Bien évidemment, en tant que pays hôte de la prochaine Coupe du monde, nous devons préserver notre image et les gens ne doivent pas la dégrader. C'est la pire chose», a regretté Vitali Moutko, alors que la Russie doit organiser le Mondial 2018.
Le ministre russe a également blâmé l'organisation et les procédures de sécurité, estimant à l'agence russe TASS que «pour que de telles rencontres soient organisées correctement, nous devons séparer les supporteurs. Il y avait des pétards, c'est évidemment mauvais. Il n'y avait pas de grillage, rien».
«La honte», selon L'Equipe
Après Bernard Cazeneuve, les journaux aussi bien français qu'anglais ont affiché en une leur réprobation et leur inquiétude au lendemain des violences. «La honte», titre L'Equipe qui décrit des «scène de guérilla» dans la cité phocéenne où une série d'affrontements a fait 35 blessés, dont un supporter anglais, dans un état critique. Pour le principal quotidien sportif français, «l'Euro est déjà gagné par la peur».
Source: sites web
Comments