
Hollande sur la loi Travail: «Je ne céderai pas»
Alors que les Français agissent dans les manifestations contre la loi Travail, le chef de l'Etat est l'invité d'Europe 1 pour convaincre les Français que «ça va mieux».

«Je ne céderai pas» sur le projet de loi Travail, a déclaré mardi François Hollande, sur Europe 1, assurant que ce texte, objet d'un large mouvement de protestations cette semaine, était le fruit d'un «compromis», d'un «équilibre».
Cette loi, «elle va passer, parce qu'elle a été discutée, a été concertée, a été corrigée, a été amendée», a-t-il affirmé.
«Je ne céderai pas parce qu'il y a eu trop de gouvernements qui ont cédé (…) pour que moi-même, dans des circonstances qui ne sont pas faciles, je puisse céder dès lors qu'un compromis a été trouvé, un équilibre a été obtenu, que les syndicats réformistes sont derrière ce texte et qu'il y a une majorité de socialistes qui sont en faveur» de l'adoption du texte, a-t-il ajouté.
Sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) ont appelé à deux nouvelles journées d'actions unitaires mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois, pour contester le texte de la ministre Myriam El Khomri, jugé trop favorable aux entreprises.
«Je préfère qu'on garde de moi l'image d'un président qui a fait des réformes plutôt qu'un président qui n'a rien fait», a-t-il dit à moins d'un an de la fin de son mandat.
L'objectif affiché de la réforme est d'assouplir les règles du droit du travail pour lutter contre un chômage endémique, qui affecte 10 % de la population. Mais pour ses détracteurs, le projet de loi est trop favorable aux entreprises et risque d'accroître la précarité des salariés.
«Il est très important que dans notre pays, et la loi El Khomri va y contribuer, les partenaires, c'est à dire les entreprises, les syndicats, puissent au niveau de l'entreprise déterminer leur propre avenir dans le respect de la loi», a affirmé M. Hollande.
Depuis plus de deux mois, les opposants à la réforme multiplient les manifestations. Les cortèges se sont peu à peu clairsemés mais ils se sont aussi radicalisés avec des débordements et des violences, qui ont fait des blessés.
Les casseurs «ça suffit !», a lancé le président, en assurant avoir donné des «consignes maîtrisées» pour que «la répression» n'entrave pas le droit à manifester.
«Manifester c'est un droit, casser c'est un délit», a-t-il souligné.
Selon lui, il y a eu depuis le début du mouvement «plus d'un millier d'interpellations, 60 condamnations» et «350 policiers blessés».
Source: agences et rédaction
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