
Euro-2016: exercice de sécurité à Saint-Étienne et simulation d’attentat à Bordeaux
A deux mois du coup d'envoi de l'Euro de football en France, le dispositif de sécurité se met progressivement en place dans un contexte post-attentats. Après les mesures testées au Stade de France la semaine dernière, durant le match amical France-Russie, des simulations d'attaque chimique et d'attentat ont lieu ce lundi dans deux des villes où auront lieu des matchs de la compétition.
Un exercice de sécurité simulant une «attaque chimique ou bactériologique» était organisé, ce lundi 4 avril, au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Étienne. Objectif : tester la «coordination» entre les services d'intervention en vue de l'Euro-2016, qui débutera en France le 10 juin. Environ 120 pompiers, une soixantaine de policiers, une vingtaine d'urgentistes ainsi que 450 figurants participent à cet «exercice de mise en situation opérationnelle simulée». Dans le scénario de cette simulation grandeur nature, un drone disperse un produit chimique ou bactériologique sur le stade, avant de s'écraser sur une tribune.

Le but est de «tester la coordination entre les différents services», explique à l'AFP le lieutenant-colonel Bertand Baray, qui dirige le Service départemental d'incendie et secours (Sdis) de la Loire. Dans un premier temps, «un des enjeux est de déterminer la nature du produit». Cet exercice «simulera des problématiques susceptibles de survenir pendant le déroulement des compétitions sportives de l'Euro-2016», qui relèveront «soit de la gestion d'incidents conventionnels, soit de la survenue d'attaque non conventionnelle», précise de son côté la préfecture du département.
Test grandeur nature à Bordeaux
A Bordeaux, un exercice de simulation d'attentat sur la fan-zone d'accueil du public de l'EURO-2016 a mobilisé lundi soir quelque 600 pompiers, gendarmes, policiers, militaires, démineurs ou médecins en présence des ministres de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et de la Santé, Marisol Touraine.
Cet exercice entendait tester en région l'interaction des forces d'intervention, de secours, de santé et des services en charge de l'enquête.
Concernant le volet sanitaire, il s'agissait d'évaluer les capacités d'évacuation et de prise en charge d'un nombre important de victimes dépassant la capacité des établissements de soins d'une région, ainsi que la prise en charge des familles de victimes.

Le scénario choisi était celui de trois terroristes armés tirant sur la foule faisant la queue pour entrer dans le périmètre de la fan-zone. L'un déclenchait une charge explosive au milieu de la foule, tandis qu'un autre se retranchait avec des otages dans un bâtiment, entraînant l'intervention de l'unité spécialisée de la police, le RAID.
«Nous voulons que l'EURO-2016 se passe dans les meilleures conditions et c'est pourquoi nous multiplions les exercices afin d'éprouver les dispositifs mis en place pour pouvoir intervenir rapidement dans un contexte où la menace est extrêmement élevée», a déclaré à la presse Bernard Cazeneuve.
«Il faut pour cela une bonne répartition sur le territoire national des GIGN, BRI et RAID qui permette une intervention entre les primo-intervenants, BAC et PSIG, et ces forces spécialisées en 15 à 20 minutes», a-t-il ajouté.
Pour Marisol Touraine, «l'exercice fait suite à un retour d'expérience après les attentats du 13 novembre». «L'enjeu est de savoir comment nous pourrions prendre en charge un nombre important de victimes dans une région où les moyens hospitaliers ne sont pas de même nature qu'à Paris où il y a le plus grand hôpital d'Europe». Pour cela «nous avons mis en place des plans pour faire travailler ensemble différentes régions», a expliqué le ministre.
Des portiques à l'entrée de la "fan-zone" à Nice
Après les attentats de Paris et Bruxelles, les autorités multiplient les exercices pour préparer les réponses à d'éventuelles attaques radiologiques, biologiques et chimiques.
Un précédent exercice s'était notamment déroulé le 15 mars à Nîmes, déjà en présence du ministre de l'Intérieur, simulant une explosion dans une de ces aires dédiées aux supporters, suivie du dégagement d'une substance contaminante.
Les «fan-zones», festives et gratuites et équipées d'écrans géants, retransmettront les matchs pour les spectateurs qui ne seront pas dans les stades. elles devraient accueillir de 10.000 à 100.000 supporteurs selon les villes. Ces «fan-zones» sont sous la responsabilité des municipalités, a rappelé vendredi le secrétaire d'État aux Sports Thierry Braillard, lors d'un déplacement à Nice, l'une des dix villes hôtes, et la seule à doter sa «fan-zone» de portiques de détection de métaux.
Source : agences et rédaction
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