
Une fille de gendarme devenue recruteuse pour «Daech»
C'est la première fois qu'une femme terroriste est ainsi désignée par les autorités américaines. Très active sur les réseaux sociaux, elle apparaît souvent dans des vidéos de propagande.
La Française Emilie König, dont le nom a été ajouté ce mardi par Washington à sa liste de «combattants terroristes
étrangers» , est une figure de la mouvance terroriste française en Syrie qui, si elle ne combat pas, joue un rôle important de propagandiste et de recruteuse.
«Elle est très active sur les réseaux sociaux, sert à la propagande et au recrutement de volontaires» a confié un responsable de la lutte anti-terroriste, qui demande à rester anonyme. «Nous la connaissons très bien».
Selon lui, c'est la première fois qu'une femme terroriste est ainsi désignée par les autorités américaines.
Dans le communiqué publié mardi, le Département d'Etat et du Trésor américain assure qu'elle doit cette désignation au fait d'avoir «ordonné à des individus d'attaquer des institutions gouvernementales françaises». Il y a un an, le 23 septembre 2014, son nom avait été ajouté par les Nations unies à sa liste des personnes associées à Al-Qaïda en Irak, et faisant ainsi l'objet de sanctions internationales et d'interdictions de voyager.
Un départ pour la Syrie en 2012
Née il y a 31 ans à Lorient, d'un père gendarme, dernière d'une famille de quatre, Emilie König suit une scolarité normale, faute d'être brillante, puis se convertit au contact de son premier mari, algérien d'origine, emprisonné pour trafic de drogue.
Elle apprend l'arabe, se fait appeler Samra, se voile entièrement et, au contact du groupe nantais Forsane Alizza, elle commence sa radicalisation.
Au printemps 2012, elle laisse en France ses deux enfants pour rejoindre en Syrie son mari, qui avait rejoint le groupe qui allait peu après devenir le groupe «Daech» avant d'être tué. Elle fait donc partie des premiers Français à avoir franchi la frontière turque pour rejoindre le groupe terroriste en Syrie.
Elle est visée notamment en France par une enquête sur le départ en Syrie d'une dizaine de jeunes gens de la région nîmoise.
Si elle ne prend pas part aux combats, dans un mouvement où les femmes ne sont pas considérées comme des combattantes potentielles et le plus souvent confinées à des rôles de soutien, Emilie Konig apparaît souvent dans des vidéos de propagande. Dans l'une d'elles, mise en ligne le 31 mai 2013, elle pose avec un fusil à canon scié, comme si elle s'entraînait au tir.
Surveillée par les services de renseignements, elle est surprise en train d'appeler ses contacts en France pour les inciter à monter des attaques contre les institutions françaises, ou de s'en prendre aux femmes de soldats français déployés notamment au Mali. Une source proche du dossier, qui demande à ne pas être identifiée, la décrit comme «une excitée», qui aurait proclamé sa volonté de commettre un attentat suicide, même si «ces gens-là sont souvent dans le déclamatoire».
Source : sites web et rédaction
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