
Saint-Etienne-du-Rouvray: le second terroriste «fiché S» formellement identifié
Le second terroriste de l'attentat contre l'Eglise de Saint-Etienne-du-Rouvray a été formellement identifié comme Abdel Malik Petitjean, a annoncé le parquet jeudi matin.

Le terroriste de 19 ans était fiché «S» depuis le 29 juin, a indiqué une source proche de l'enquête.
L'individu n'avait pas fait l'objet de condamnations et la justice ne disposait pas de ses empreintes, ni de son ADN, ce qui a retardé son identification. Il était toutefois fiché pour radicalisation pour avoir tenté de rejoindre la Syrie via la Turquie, selon une source proche de l'enquête.
«Daech» a diffusé mercredi la vidéo montrant la déclaration d'allégeance des deux terroristes à l'origine de l'assassinat du prêtre Jacques Hamel, dans son église mardi.
Après avoir identifié le premier terroriste, Adel Kermiche, un Français de 19 ans, les enquêteurs cherchaient toujours mercredi à identifier formellement le second, tout en privilégiant la piste d'«Abdel Malik P.».
La carte d'identité du terroriste avait été retrouvée lors d'une perquisition chez Kermiche.
Selon une source proche de l'enquête, l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) avait diffusé le 22 juillet une note dans laquelle elle disait avoir reçu une information sur un individu «qui serait prêt à participer à un attentat sur le territoire national», accompagnée de la photo d'un homme ressemblant «fortement» à Abdel Malik Petitjean.
Le profil d'Adel Kermiche a déclenché une nouvelle polémique sur la politique antiterroriste du gouvernement, jugée insuffisante par certains.
Le terroriste avait tenté de rallier deux fois la Syrie en 2015. Mis en examen dès mars 2015 pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, il avait été placé en détention provisoire à l'issue de sa seconde tentative, puis libéré en mars dernier et assigné à résidence sous bracelet électronique. Le parquet avait fait appel, en vain, de cette libération.
Des responsables de l'opposition ont soulevé la question de la libération conditionnelle de détenus dans les dossiers terroristes. Mais sur les 285 mis en examen dans des affaires de terrorisme, 264 sont en détention, soit 93%, contre 20% dans les affaires de droit commun, a rappelé le ministère de la Justice.
Pour l'ex-président Nicolas Sarkozy, la gauche est «tétanisée» et «se refuse à vraiment faire bouger les lignes de droit pour l'adapter à l'ampleur de la menace». «Tout ce qui devait être fait dans le cadre de l'Etat de droit l'a été en grande partie», a répliqué Bernard Cazeneuve.
Le président François Hollande, des responsables politiques de la majorité et de l'opposition, dont Nicolas Sarkozy, et des représentants de toutes les religions ont assisté mercredi à une messe à la mémoire du prêtre Jacques Hamel, en la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.
Source: agences
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