
Loi Travail: nouvelle démonstration de force émaillée de violences
La France a connu mardi une nouvelle démonstration de force contre une réforme sociale de la Loi Travail avec des manifestations de masse émaillées de violences qui ont fait une quarantaine de blessés.

Les syndicats qui s'opposent à une réforme du droit du travail ont revendiqué plus d'un million de manifestants dans toute la France, la police estimant qu'ils étaient 125 000, dont 75 000 à 80 000 à Paris.
La manifestation parisienne a une nouvelle fois tourné à l'affrontement. Selon un bilan encore provisoire, 42 personnes ont été interpellées et au moins 29 policiers et 11 manifestants ont été blessés. «Plusieurs centaines de personnes encagoulées» ont pris à partie les policiers peu après le départ de cette manifestation, la neuvième organisée sur ce thème par les syndicats contestataires depuis mars.
Les violences se sont traduites ici par des jets de pavés, là par des poubelles en feu ou des dégradations faites à des commerces. La police a eu recours à un canon à eau, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les vitres d'un hôpital pédiatrique, Necker-enfants malades, ont même été cassées. Au total, 73 personnes ont été interpellées dans l'ensemble du pays pour la journée d'hier, selon la police. «Je veux le retrait pur et dur (de la réforme). Ça s'arrêtera seulement quand il y aura le retrait», assurait Aurélien Boukelmoune, 26 ans, technicien dans le secteur de l'énergie.
Les syndicats, CGT en tête, voulaient faire de cette journée une démonstration de force pour contraindre l'exécutif, au comble de l'impopularité, à reculer concernant la révision du code du travail. Cette centrale contestataire, qui a affrété plus de 600 cars dans toute la France pour rejoindre Paris, voulait dépasser la participation du 31 mars : près de 390 000 personnes dans 250 villes, selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs.
Pour le pouvoir, cette neuvième journée d'action est plutôt le baroud d'honneur d'un mouvement social inédit sous la gauche depuis 1981. Sa réforme est actuellement examinée au Sénat, après avoir été votée à l'Assemblée nationale.
Des manifestations ont aussi été organisées dans une cinquantaine de villes de province. «Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, cette société-là on n'en veut pas», ont scandé les manifestants à Lyon (centre est). Des barrages filtrants ont été signalés à Brest (Bretagne, Ouest) et des grèves au port de Marseille (Sud). Le secteur de l'énergie était aussi touché, avec des baisses de production et des lignes haute tension coupées en région parisienne, selon la CGT.
Source: AFP
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