Pas de retour au «business as usual» avec la Russie, dit l’Otan

Lors du prochain sommet à Varsovie, l'Otan prendra les décisions sur l'élargissement de la présence militaire sur son flanc est.
Les pays de l'Otan sont unanimes quant à l'impossibilité de revenir au «business as usual» dans les relations avec la Russie, a déclaré le chef du Bureau de sécurité nationale Pawel Soloch.
«Indépendamment des rumeurs et des rapports des médias, l'opinion de l'ensemble de l'Alliance est unanime: il n'y aura pas de retour au principe "business as usual" dans les relations avec la Russie», a annoncé M. Soloch à l'issue d'une rencontre à Varsovie entre de hauts responsables polonais et le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.
Selon lui, lors du prochain sommet de l'Otan dans la capitale polonaise, la décision sera prise d'élargir la présence militaire de l'Alliance sur son flanc est, dont en Pologne, en dépit de la position de Moscou à cet égard.
«Ce ne seront pas des bases militaires classiques, mais il s'agit toujours d'une présence internationale permanente, qui aura pour vocation non seulement l'organisation des exercices, mais la protection des Alliés», a fait savoir M. Soloch cité par l'agence de presse PAP.
Toujours d'après le chef du Bureau de sécurité nationale, la Pologne cherchera à renforcer davantage la présence militaire otanienne sur le flanc est en vue de se protéger contre des «menaces conventionnelles» telles que la guerre ou l'agression.
Auparavant, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a annoncé que des «décisions capitales» seraient prises lors du sommet de l'Alliance programmé pour les 8 et 9 juillet à Varsovie pour réagir à la nouvelle donne en matière de sécurité, compte tenu notamment des «démarches agressives» de la part de la Russie.
Face à la «menace russe», l'Otan augmente son budget de défense
Dans ce contexte, M. Stoltenberg a déclaré qu'en 2016, l'Alliance augmenterait considérablement ses dépenses en matière de défense sur le sol européen dans le contexte de «menaces de la part de la Russie» et de la crise migratoire.
«Les projections basées sur les données présentées par les nations de l'Alliance montrent que les dépenses des alliés européens pour l'année 2016 seront, pour la première fois depuis des années, augmentées», a déclaré M. Stoltenberg cité par le Financial Times.
L'Otan ne donne pas de chiffres concrets, mais les déclarations des représentants d'un grand nombre de pays-membres témoignent de ce phénomène au sein de l'Alliance. Selon les données du journal, c'est dans les pays baltes que le budget militaire augmentera le plus: d'environ 60% en Lettonie, de 35% en Lituanie et de 9% en Estonie. Les dépenses militaires de la Pologne, principale force militaire de l'Otan en Europe de l'Est, augmenteront aussi de 9%.
Pour «assurer la sécurité en Europe», le Pentagone projette quant à lui de dépenser près de 3,4 milliards de dollars en 2016 (environ 3 mds EUR), contre 790 millions en 2015 (709,7 M EUR).
Selon le secrétaire général, la sortie possible du Royaume-Uni de l'UE pourrait susciter des problèmes au sein de l'Otan, car Londres est le premier allié européen de Washington et le deuxième investisseur (de l'Otan) dans le domaine de la sécurité après les Etats-Unis. En outre, le Royaume-Uni joue un rôle clef dans le tandem Otan-UE.
Début mai, le chef du Pentagone Ashton Carter a fait savoir que l'Otan envisageait de déployer quatre nouveaux bataillons de l'Alliance dans les pays baltes et en Pologne. En réponse, trois nouvelles divisions militaires seront créées en Russie en vue de faire face au renforcement de la présence militaire de l'Otan près des frontières russes, a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.
Source: agences et rédaction
Comments

